Nicolas Mathieu, lauréat du prix Goncourt, avec "Leurs enfants après eux" (Actes Sud), est l'invité de Léa Salamé.

Il a été surpris de recevoir ce prix. "Je pensais que c’était râpé, car Actes sud avait eu le Goncourt l’an dernier". Après l’annonce il dit avoir été "incrédule", parle de "vertige" et d’accélération assez folle. "Je n’ai pas touché le sol depuis hier, mercredi 8 novembre, 12h35".

"J’ai appelé d’abord ma mère", rapporte l’auteur quand il a su la bonne nouvelle. Il se décrit comme un cas : 

Je ne suis pas une règle. J’ai craint longtemps d’avoir employé toutes mes forces pour un truc pour lequel je n’étais pas fait.

Devenir adultes dans un monde qui finit

Son livre décrit des jeunes gens qui deviennent adultes dans un monde qui finit, la fin de l'activité industrielle qui a fini par disparaître. "Alors, que deviennent ces gamins ? Que font-ils de cet héritage ?"

"Je suis né dans ces régions-là", rappelle Nicolas Mathieu. "Mon père était ouvrier. J’ai assisté aux plans sociaux. J’ai eu l’impression d’assister en direct à la chute de la classe ouvrière."

Pour moi c’est un Everest, la littérature

L’auteur parle de son rapport à l’écriture, longtemps complexe et complexée. "Pour moi c’est un Everest, la littérature. Pour me décomplexer, je suis passé par le polar.  Je voulais m’arracher à mon milieu mais on est de là où on est."

Pour cet homme né dans l’est de la France, Paris est un point d’attraction et de répulsion. "Tout tourne autour de Paris quand on y est pas on a un sentiment d’abandon." 

Emmanuel Macron devrait-il lire son livre comme le suggère un membre du jury Goncourt ? Oui dans la mesure où "les romans servent à l’empathie", répond l’écrivain. 

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Nicolas Mathieu, Goncourt 2018 © Radio France / Anne Audigier
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