L'ancien ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner est l'invité de Léa Salamé à 7h50. Il réagit aux dernières attaques survenues en Syrie, ces dernières heures, et s'indigne du manque d'action de la France et de la coalition.

Face aux dernières attaques en Syrie, dénoncées comme des attaques chimiques, Bernard Kouchner, ancien ministre des Affaires Etrangères, fait part de son indignation : "Est-il trop tard pour s'indigner ? Ca n'est jamais trop tard, mais tout de même, cela fait sept ans. On découvre ça au dernier moment, pour le triomphe de Bachar el-Assad et de Vladimir Poutine", explique-t-il.

"Il ne faut pas s'étonner que monsieur Bachar veuille réduire à néant le dernier bastion (...) : il va le faire, il le fait, c'est dégueulasse", dit-il, expliquant que le régime syrien et les Russes "_n'ont pas gagné, mais c'est tout près_, ils liquident de façon immonde le dernier bastion de résistance". 

"C'est une guerre immonde que nous avons en quelque sorte contemplée sans rien faire : il n'y a pas eu une seule manifestation en sept ans en France", dénonce-t-il, alors qu'aujourd'hui, selon lui, il est trop tard pour une intervention : "Supposons que dans ces frappes, promises par Trump et Macron, on se heurte aux avions russes : on fait quoi, la guerre à la Russie ?"

Pour l'ancien ministre, c'est au cours de ces sept dernières années que tout s'est joué : "Dès que la foule est morte sous les coups de Bachar, puis quand ça c'est accentué, quand le monde entier a été dans cette guerre". Frapper le pays plus tôt, "c'eût été utile (...). Et Poutine n'était pas encore là". 

"Je m'indigne, mais franchement, ça ne sert plus à rien". 

"Je le dis avec force et indignation : nous n'avons rien fait, nous avons laissé la guerre se développer. Nous ne pouvions pas le faire tout seul, il devait y avoir une coalition. Quand une résolution a permis d'évacuer, c'était la fin de la guerre. C'était un retour de la morale dans une guerre qui ne l'était pas", explique-t-il, tout en reconnaissant qu'aucune guerre n'est morale, même si certaines sont nécessaires.

"Il y aura sûrement un petit bombardement", prévoit-il. Mais selon lui, "_s'il y a une réaction contre cette ultime saloperie, cet ultime mouvement de guerre indigne et scandaleux_, nous nous révoltons parce que ce sont les derniers morts". 

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Bernard Kouchner © AFP / Bertrand Guay
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