Thomas Pesquet doit décoller fin avril, en compagnie de trois autres astronautes, pour la Station spatiale internationale. Il est l'invité de Léa Salamé.

Thomas Pesquet au Salon aéronautique du Bourget, 2019
Thomas Pesquet au Salon aéronautique du Bourget, 2019 © AFP / MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY

Il sera le premier européen à s'envoler à bord du vaisseau de Space X. Thomas Pesquet doit, d'ici la fin avril, s'envoler pour la Station spatiale internationale où il effectuera une mission de six mois. "On met les dernières touches finales à l'entraînement", raconte-t-il, invité de France Inter mardi matin. "Pas évident en temps de pandémie, mais l’équipage et la fusée sera prêt à temps", assure Thomas Pesquet. Cette seconde mission, pour le Français, est "comme un saut en parachute"

"Le premier, on ne sait pas trop à quoi s’attendre, on y va la fleur au fusil, on découvre sa peur. La deuxième fois, on sait exactement quand ça va faire mal, à quel point ça va faire mal. C’est une démarche un peu plus réfléchie, un peu plus impressionnante la deuxième fois."

Cette deuxième mission, préparée pendant un an et demi, a donc été perturbée par les différentes restrictions dues à la pandémie de coronavirus. "On est chanceux, on n'est pas en première ligne, comme le personnel médical, mais on a dû s'adapter comme tout le monde, fait beaucoup de choses à distance, adapter nos procédures." Les astronautes ont aussi dû se protéger pour éviter "d’apporter la Covid avec nous sur la station spatiale", ce qui a rendu l'entraînement "un peu moins fun". "Mais on a réussi à protéger notre programme spatial, on n’a pas vraiment eu de souci avec le Covid", poursuit-il. 

Je me suis préparé à 6 mois de confinement en faisant 1 an de confinement. On l’a choisi, on a signé pour ça, on s'entraîne et on a un but. C’est quelque chose qu’on a préparé, qui va nous apporter énormément. Le but c’est la recherche et ses objectifs, pour ça y’a un prix à payer… 

Une centaine d'expériences et de recherches

Une fois dans l'espace, les astronautes de la Station spatiale internationale auront, comme leurs prédécesseurs et ceux qui leur succèderont ensuite, des expériences à réaliser, des recherches à effectuer. "Il y a énormément d'expériences dans tous les domaines", confirme Thomas Pesquet. "Pour le menu de cette mission Alpha, on va emmener des 'mini cerveaux' dans l’espace, pour étudier les cellules souches. On observe comment elles se reproduisent, comment elles vieillissent et on renvoie tout ça dans les laboratoires." 

"On a beaucoup de recherches médicales, sur le système immunitaire, la lutte contre les cancers, les nanoparticules qui peuvent délivrer des médicaments à l’intérieur de cellules cancéreuses. La recherche sur les plasmas froids, aussi, qui peuvent permettre de lutter contre des infections comme les staphylocoques dorés, qui résistent aux antibiotiques", explique Thomas Pesquet qui évoque aussi la cristallisations de protéines, la myopathie de Duchenne ou des rétines artificielles, une expérience américaine. 

Thomas Pesquet évoque "l'effet de recul à l’échelle de nos sens", ressenti depuis l'espace. "Ce qui parle vraiment c’est ce qu’on peut toucher, ce qu’on peut voir. Là, on met la Terre à notre échelle. On voit bien qu’il n’y a rien d’autre autour de nous et cela nous donne cette impression de fragilité."

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