François-Xavier Freland, journaliste, ancien correspondant au Mali et auteur de "Mali. Au-delà du djihad", édition Anamosa, 2017.

Election au Mali
Election au Mali © AFP / LUCA PISTONE

Le Mali, toujours confronté à la menace jihadiste malgré cinq ans d'interventions militaires internationales, retourne aux urnes dimanche pour le second tour de l'élection présidentielle avec un chef d'Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, en position de force face à un candidat de l'opposition qui n'a pas su unifier le camp de l'alternance.  Le vainqueur, qui entrera en fonction début septembre, aura la lourde tâche de relancer l'accord de paix conclu en 2015 par le gouvernement et l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accumule les retards.  L'accord avait été signé après l'intervention de l'armée française qui, en 2013, avait repris le contrôle du nord du Mali, où les jihadistes avaient instauré la charia pendant un an.

Dans ce qui s'apparente à la revanche de 2013, M. Keïta, dit "IBK", qui brigue à 73 ans un second mandat, sera donc une nouvelle fois défié par Soumaïla Cissé, un ancien ministre des Finances de 68 ans.

François-Xavier Freland : 

Les candidats sont déphasés par rapport aux attentes de la population. Ce sont des dinosaures de la politique malienne

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90% de gens sont analphabètes. C’est un pays avec un sérieux problème d’éducation, beaucoup se tourne vers les religieux ou aux djihaistes.

Le Mali est attaqué de toutes parts par le terrorisme. Les terroristes frappent aux 4 coins du pays.  Le pays est divisé , avec au nord al Qaida , Daehs à l’est, et le Groupe pour le soutien à l’islam. 

Le pays vit à deux vitesses. Bamako vit relativement tranquillement et le reste du pays trépigne et attend du développement. Et les candidats ne changent pas. 

L'Afrique francophone n'est pas encore prête pour la démocratie

Ce sont des pays en construction, avec des problème d’élites (en raison du manque d'éducation), et on a du mal à changer les vieilles habitudes. 

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