Mgr Olivier Ribadeau Dumas, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des Evêques de France, est l'invité de Léa Salamé à 7h50.

Le porte-parole de la Conférence des Evêques de France était présent, lundi soir, au collège des Bernardins pour le discours d'Emmanuel Macron sur le lien entre l'Eglise et l'Etat. "J'ai entendu avec beaucoup de plaisir ce que le président de la République a pu dire devant les invités (...), ce moment était important, à la suite du document que les évêques avaient publié en octobre 2016, nous souhaitions que le président de la Conférence des évêques de France puisse faire ces propositions", a-t-il expliqué. 

Olivier Ribadeau Dumas salue cette prise de parole du chef de l'Etat : "Nous n'avons pas beaucoup entendu de présidents de la République qui s'adressaient ainsi à la communauté catholique sur la place des catholiques dans la société française", explique-t-il, disant penser que "c'est un discours qui fera date sur la relation entre l'Eglise et l'Etat". 

"La laïcité, ce n'est pas une philosophie qui fait que les religions seraient dans une sphère exclusivement privée et qui finiraient donc par être cachées", tient-il à préciser. "Les religions, aujourd'hui, ont la possibilité de s'exprimer : la laïcité, c'est le cadre juridique qui permet à tous, croyants ou non croyants, de s'exprimer et de vivre ensemble". Or, il reconnait que selon lui, "il y a des moments plus récents où des catholiques ont eu l'impression de ne pas avoir été entendus". 

"Il est important de dire qu'ils ont un rôle, une place, et qu'ils y contribuent", souligne Mgr Ribadeau Dumas, tout en disant avoir trouvé "le discours du président de la République très exigeant par rapport aux catholiques". "C'est le dialogue qui est important, ce dialogue nous l'avons au quotidien, la rencontre d'hier était une occasion inédite pour nous de vivre une nouvelle forme de dialogue pour que le Président ait une parole large".

S'agissait-il, pour Emmanuel Macron, de se démarquer des gouvernements précédents ? "Je ne suis pas dans l'esprit du président de la République, mais je crois qu'un certain nombre de catholiques ont besoin de sortir de la suspicion générale qu'il y a vis-à-vis d'eux", reconnait l'évêque. 

"Je n'ai pas été choqué par le nombre de réactions, mais je suis inquiet de la possibilité qu'on ne nous laisse pas sortir de ce corner dans lequel on veut nous mettre et qui ne permet aux uns et aux autres de contribuer à un modèle de société", déplore-t-il, en revanche. Car il assure que dans les églises, "si vous croyez que ne viennent que des gens qui sont estampillés cathos parfaits et qu'il n'y a que des saints, vous vous trompez". "C'est sa force, l'Eglise accueille tout le monde, ceux qui vivent selon ce que l'Eglise propose comme morale et les autres aussi (...). Ca a été un grand moment du président de la République de dire qu'il y a un idéal mais aussi un réel". 

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Mgr Olivier Ribadeau Dumas lors de la conférence de presse a la Maison des évêques de France en 2016 © Maxppp / Vincent Isore
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