Épidémiologiste à l'Institut Pasteur (Directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes), membre du Conseil scientifique, professeur au CNAM, il revient sur la levée progressive du confinement.

"On voit depuis trois semaines l’incidence baisser rapidement, on est à peu près à une diminution de 22 % par semaine", explique l'épidémiologiste. "Ça montre que les mesures prises fin mars / début avril ont fonctionné, et qu’on est sur une dynamique rapide, comme celle de novembre dernier. Ça donne très envie de continuer sur cette même dynamique. Si on continuait sur cette même pente, on serait le 25 mai à 10.000 cas par jour, le 15 juin  à 5.000 par jour. C’est un seuil où le “tester, tracer, isoler” remarche. On aborderait beaucoup mieux la période de l’été."

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Toutefois, "il faut être très vigilant jusqu’à fin juin. Si on arrive à vacciner plus vite qu’aujourd’hui, on peut atteindre les 50 % de vaccinés début juillet. Rêvons : avec un niveau de transmission bas, et ces 50 % de la population vaccinés, alors on pourrait aborder l’été dans de bonnes conditions."

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On est toujours avec un virus qui est capable de redémarrer, quelquefois avec ses variants, on l’a appris à nos dépens avec le variant anglais, 60 % plus transmissible.

"Trois variants nous inquiètent actuellement : le sud-africain, le brésilien et l’indien", rappelle le professeur Arnaud Fontanet. "Les Anglais ont fait passer ce dernier variant dans ceux qui peuvent poser problème, car ils voient des clusters importants se développer au Royaume-Uni. En France, c’est encore très limité. Ce sont des variants qu’il faut surveiller, soit parce qu’ils sont plus transmissibles, soit parce qu’ils peuvent échapper à l’immunité acquise par infection ou par vaccination."

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"On n'est pas démunis, mais il faut rester vigilants"

Il estime que "la bonne nouvelle, c’est que les vaccins qu’on a entre les mains, pour l’instant, préviennent des formes graves avec ces nouveaux variants, et ont une efficacité selon les vaccins, plus ou moins bonnes par rapport à des formes bénignes. On n’est donc pas démunis, mais il faut rester vigilants. Regardez ce qui s’est passé en Inde : ils avaient eu plus de moitié de la population infectée à l’issue du pic de septembre, mais ils se sont retrouvés face à une situation catastrophique."

"Continuons sur l’effort entamé pour arriver dans de bonnes conditions pour l’été. Le facteur climatique pourra nous aider, l’été dernier était un bon exemple. Là, on est dans une situation un peu différente, avec des variants plus transmissibles. Il y aurait plus de capacité à se répandre, mais en même temps on aura plus de la moitié de la population protégée par la vaccination, qu’on continuera pendant l’été, il faudrait aller jusqu’à 90 %."

Sur le déconfinement et la réouverture des terrasses et lieux culturels, le professeur ne se dit pas inquiet mais vigilant. "Je pense qu’il faudra suivre avec beaucoup d’attention les indicateurs épidémiologiques pendant cette période. Surveillons aussi ces fameux variants, notamment en Île-de-France. Ces réouvertures sont attendues, la population est très lasse, il y a des impératifs économiques… Tout dépend de comment se fera cette réouverture. Si, au moment de rouvrir les terrasses et les cafés, il s’agit de mettre des tables dehors avec quatre personnes, que les gens gardent une distance physique et font attention, la réouverture peut se passer raisonnablement bien. Si la réouverture, c’est des rassemblements à des centaines et qu’on fait la fête, non, ça ne se passera pas bien."

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Ne gâchez pas ce qui est en train de se passer en vous précipitant. Si vous voulez préserver cet été, parce qu’on en a besoin et les soignants aussi, totalement épuisés avec des services de réanimation saturés. Profitez, avec modération, des nouvelles ouvertures, et continuons sur cet effort.

Sur la question du port du masque obligatoire, "les préconisations vont évoluer, mais à partir du moment où les gens auront reçu deux doses de vaccin et qu’ils seront à l’extérieur, effectivement je pense que le port du masque deviendra de moins en moins nécessaire. On voit les pays adapter leurs recommandations selon les différents cas de figure, mais à un moment ou un autre le masque devrait être mis au placard."

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AstraZeneca "marche très bien contre les formes graves, il faut continuer à l’utiliser"

"Sur les variants, les données dont on dispose montrent que le vaccin AstraZeneca est moins efficace que le seraient les vaccins à ARN messager, qui peuvent aussi être adaptés plus rapidement", explique-t-il lorsqu'on évoque les contradictions de l'exécutif sur cette question. "Les prochaines versions des vaccins Moderna et Pfizer seront adaptés à ces nouveaux mutants. Maintenant, sur le variant anglais très présent sur notre territoire aujourd’hui, le vaccin AstraZeneca marche très bien contre les formes graves, c’est pourquoi il faut continuer à l’utiliser."

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Enfin, à l'image des États-Unis, il estime que "la vaccination dès 12 ans va devenir un enjeu : j’y suis personnellement favorable, il faudra juste s’assurer de la parfaite tolérance de ces vaccins chez les adolescents. On pourra se poser la question pour la rentrée de la vaccination dès l’âge de 5 ans, voire plus bas, quand on aura des données de tolérance qui nous rassurent totalement sur ces vaccins."

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  • Légende du visuel principal: Arnaud Fontanet, épidémiologiste © Radio France /
Les invités
  • Arnaud FontanetDirecteur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur de Paris
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