Gulbahar Haitiwaji est l'invitée de Léa Salamé. D’origine ouïghoure, elle a été enfermée 3 ans dans des camps de "rééducation" chinois. Son témoignage (écrit avec la journaliste Rozenn Morgat) : "Rescapée du Goulag chinois - Le 1er témoignage d’une survivante ouïghoure" sort le 13 janvier aux éditions Equateurs.

Gulbahar Haitiwaji, rescapée ouïghoure des camps chinois, au micro de France Inter, le 11 janvier 2021
Gulbahar Haitiwaji, rescapée ouïghoure des camps chinois, au micro de France Inter, le 11 janvier 2021 © Radio France / France Inter

Rescapée des camps chinois, Gulbahar Haitiwaji a d'abord voulu protéger sa famille, pour laquelle elle est encore "très inquiète". Convoquée dans la région du Xinjiang, elle y va sans crainte car elle n'avait "rien fait de mal". "Quand je suis arrivée, mon calvaire a commencé, alors que je n’imaginais pas du tout perdre trois années de liberté."

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Sur place, c'est une surveillance constante en plus de la privation de liberté : "On n’a plus aucune intimité, on n’a pas le droit de parler notre langue sinon on est punis. Même dans les toilettes et la salle de bains, il y a deux caméras dans chaque pièce."

S'ajoute à cela une propagande constante : "Je n’ai jamais cru à ce qu’ils m’ont forcée à croire. J’étais obligé de cacher certains sentiments, de mentir pour pouvoir avoir la vie tranquille. Et dans mon carnet, j’écrivais des remerciements au parti et à Xi Jinping."

"J’ai été enchaînée à ma banquette, alors que je n’avais enfreint aucune règle, pendant 20 jours. Je n’ai jamais compris pourquoi."

Elle dénonce aussi des traitements pour stériliser les jeunes femmes. "On reçoit des piqûres deux fois par an : ils disent que ce sont des vaccins contre la grippe, et quelques jours avant les vaccinations, ils nous préviennent qu’on a le droit de refuser… Mais à la fin, tout le monde est quand même obligé de le faire. J’ai vu beaucoup de jeunes femmes, pas encore mariées, arrêter d’avoir leurs règles. Je les ai vues s’inquiéter de leur avenir, car elles voulaient avoir des enfants… J’avais des doutes sur place, je ne savais pas si c’était de vrais vaccins ou des stérilisations. Une fois rentrée en France, j’ai vraiment entendu parler de l’existence de stérilisation dans les camps."

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"Je pense qu’avec les stérilisations, ils veulent faire disparaître les Ouïghours, mais aussi par notre langue, notre culture, nos traditions. C’est un véritable génocide culturel."

"Ils veulent nous assimiler à leur propre culture, à leur langue", raconte la rescapée. "Et si un Chinois se marie avec une Ouïghoure, le couple reçoit 150.000 yuans de l’État : c’est un moyen d’encourager tous les couples à faire pareil, pour nous faire disparaître petit à petit."

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"La Chine m’a volé trois ans de ma liberté alors que je n’avais rien fait contre elle. Quand je suis revenue en France, grâce à l’aide de ma fille et de l’État français, j’ai vraiment compris la valeur du mot “liberté”."

"À chaque fois que j’y repense, je pense à la peur, au froid, à la malnutrition, aux heures sans sommeil, et surtout au désespoir de ne pas savoir comment ça va se terminer."

Selon les informations de Gulbahar Haitiwaji, "il y a 1.200 centres de rééducation en Chine, et plus d’un million de détenus qui sont passés dans un camp."

Elle reste toutefois optimiste : "À mon retour, j’ai appris que la cause ouïghoure avait vraiment pris de l’importance, avec des manifestations et de nombreux témoignages. J’espère que ce qui est en train de se passer continuera, et qu’on réussira à faire fermer ces camps."

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