Laurence Boone, économiste en chef de l'OCDE est l'invitée de Léa Salamé à 7h50

Alors que l'OCDE livre un rapport très noir sur l'avenir économique mondial, touché de plein fouet par la crise sanitaire, Laurence Boone explique : "L'incertitude à laquelle on fait face est extraordinaire, donc on s'est dit 'on va encadrer le champ des possibles". Et l'économiste poursuit : 

"Le monde plongerait de 10%, tous les pays de l'OCDE ont une croissance négative"

Laurence Boone se défend aussi d'un catastrophisme appuyé, mais insiste sur la nécessité vitale de ces prévisions : "Je reconnais que c'est angoissant, mais notre objectif c'est (...) d'éviter que les choses soient pires (...) On fait ça pour dire 'voilà quelles sont les options', pour essayer d'avancer mieux".

"Les secteurs les plus touchés sont ceux où la distanciation physique est la moins facile (...) c'est dans ces publics qu'on trouve le plus grands nombres de jeunes (...) de précaires" rappelle Laurence Boone, qui incite à prendre exemple sur une économie voisine : "Il y a un dialogue social en Allemagne qui marche très bien (...) En France, on a moins tendance à faire ça : est-ce qu'on a le bon dialogue social qui permet la cohésion de l'entreprise?".

"Il faut vraiment continuer à investir dans la santé", poursuit l'économiste en chef de l'OCDE, "il faut d'abord un revenu pour les plus vulnérables et être plus pragmatique, en aidant pour la recherche d'un emploi."

Elle met en garde : "C'est une de nos grandes craintes : que les inégalités se creusent" et alerte sur la position des "jeunes, qui se trainent ça pendant longtemps".

"C'est une population qu'il faut protéger, à qui il faut donner de l'espoir, c'est aussi à eux qu'on laisse nos dettes"

  • Légende du visuel principal: Laurence Boone © AFP / ERIC PIERMONT / AFP
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