Le président de LR Christian Jacob est l'invité de Léa Salamé à 7h50. Il évoque la fin progressive du déconfinement, mal gérée selon lui par le gouvernement, et la proposition de LR de revenir sur la durée légale du temps de travail.

Qu'a changé le confinement dans la vie de Christian Jacob ? "Au quotidien, on ne va plus au siège du parti, on a travaillé énormément en visioconférence, en deux mois c’est plus de 50 visioconférences que j’ai suivies. Ce n’est pas l’idéal, mais ça a permis de travailler pendant ce temps-là, de maintenir des contacts. On est pressés d’avoir à nouveau de vraies réunions mais on a découvert aussi qu’on pouvait travailler différemment. J’ai passé deux mois, 7 jours sur 7, avec mon épouse. Y’a longtemps que ça ne nous était pas arrivé, et tout s’est bien passé !"

Sur le plan de sortie du confinement, pour lequel les Républicains n’ont pas voté, le patron de la droite se justifie : "On s’est abstenus parce qu’il y avait un climat de défiance envers le gouvernement. On lui a reproché d’avoir dit des contre-vérités sur les masques, sur les tests, d’avoir pris beaucoup de retard… Ceci étant, il était important de sortir du confinement et que l’économie puisse redémarrer. On voit bien les difficultés que ça peut présenter, dans les écoles ou les transports, mais ceci étant, il fallait sortir du confinement à partir du moment où les conditions sanitaires le permettaient."

"Il faut que la démocratie puisse reprendre ses droits"

L’état d’urgence sanitaire est-il légitime ? Voterait-il une prolongation ? "Clairement non, je pense qu’il faut en sortir, sauf si les conditions sanitaires nous l’imposent. Mais on voit bien que la démocratie est sous cloche, ce mode de fonctionnement de l’Assemblée Nationale n’est pas idéal, avec un système de vote bloqué, avec très peu de débats, sur des enjeux qui sont énormes. Il faut que la démocratie puisse reprendre ses droits. Donner au gouvernement cette possibilité de fonctionner par ordonnances, il faut en sortir. Pour ma part comme pour beaucoup de collègues, le 10 juillet a été une position de compromis, mais on est beaucoup favorable à l’arrêter le 24 juin : un mois de prolongation mais pas davantage."

Sur l’école et le retour des élèves, "là aussi il y a eu beaucoup de tâtonnements et de positionnements différents. Ceci étant, il est important que les enfants retournent à l’école : je pense que les choses auraient pu se faire différemment, mais c’est essentiel."

Christian Jacob souhaite aussi qu'on s'interroge sur la réouverture des cafés et restaurants : "À partir du moment où l’on est dans des départements où il n’y a pas de cas ou très peu, où les conditions de distanciation sont mises en place, plus vite on redémarre l’économie, mieux c’est."

"Il faut sortir du carcan des 35 heures"

Le président des LR s'inquiète aussi des dépenses publiques en temps de crise : "Il fallait faire fonctionner les amortisseurs sociaux et notamment le chômage partiel. En revanche je pense qu’il faut aussi en sortir rapidement : est-ce qu’on ne pourrait pas, dès que l’économie redémarre, faire en sorte de l’argent public mis sur le chômage partiel serve à faire de la baisse de charges, de façon à relancer la machine ? Il faut faire en sorte que la crise économique soit la moins profonde et la moins durable possible, pour éviter le choc social qui va s’ensuivre."

Pour lui comme pour son parti, la solution c'est "sortir du carcan des 35 heures". "La proposition que nous avions faite aux Républicains il y a quelque temps, c’est de dire qu’on peut très bien le faire dans le cadre de l’annualisation du temps de travail, et de le faire par entreprise, au plus proche de la réalité, et dans une négociation sociale entre les salariés et le chef d’entreprise. Et voir si l’on ne peut pas déclencher les heures supplémentaires à la 37e, la 38, la 39e ou la 40e heure : cela permettrait aux salariés d’avoir une augmentation de salaire et donc de pouvoir d’achat, et de redonner de la compétitivité aux entreprises. La question du temps de travail devra se poser, dans un cadre de dialogue social, dans l’entreprise ou dans les branches : ça ne peut pas être décidé par l’État. Non seulement ça ne me choque pas, mais je pense que c’est une réponse qui peut être apportée. On gagnerait sur tous les fronts !"

"Ne pas installer [les conseils municipaux], c'est créer des chômeurs de plus"

Sur les municipales, il estime qu'il faut "installer très rapidement les maires élus au premier tour". Christian Jacob s'agace que certains de ses confrères n'aient pas encore pu obtenir leur poste : "Le gouvernement se moque du monde et nous mène en bateau sur le sujet, rien n’empêche aujourd’hui d’installer ces maires élus au premier tour. Le conseil municipal de ces maires c’est une quinzaine de personnes, qu’on ne nous raconte pas qu’il y a besoin de consulter le conseil scientifique. Ne pas les installer, c’est créer des chômeurs de plus, on ne redémarre pas un secteur sans les travaux publics sans la commande publique."

"Sur second tour, il faut le faire dès que les conditions sanitaires le permettent. Si l’on est capables d’ouvrir les écoles, les collèges, les lycées, les commerces, je ne vois pas au nom de quoi le second tour ne pourrait pas se tenir en juin."

  • Légende du visuel principal: Christian Jacob © Radio France /
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  • Christian JacobPrésident du Groupe LR à l'Assemblée Nationale et député de la 4e circonscription de Seine-et-Marne
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