Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'Education, est l'invité de Léa Salamé à 7h50.

Après la confirmation de l'interdiction des portables dans les écoles et les collèges à la rentrée 2018, Léa Salamé reçoit Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'Education, pour interroger les orientations de la politique éducative menée par Jean Michel Blanquer et revenir sur le débat qui oppose "pédagogistes" et partisans des neurosciences.

Sur les annonces du Ministre de l'éducation, Philippe Merieu estime que "le Ministre occupe effectivement le terrain, de manière habile. Une partie de ses annonces relève des redites et de l'amnésie(...) D'autres annonces relèvent de contradictions internes. Dès le début de son mandat, le ministre explique qu'il voulait fonder sa politique éducative sur les acquis de la science. Or parmi les premières mesures, on a vu la possibilité de revenir à la semaine de quatre jours, point avec lequel tous les scientifiques sont en désaccord".

La blouse peut-être un gadget, qui peut renforcer le sentiment d'appartenance à un groupe, ça ne me parait pas changer radicalement la donne, on est dans l'habillage, dans tous les sens du terme

Sur la chorale , Philippe Merieu rappelle qu'elle est "optionnelle, une heure de musique dans les collèges, pourquoi ne pas l'utiliser pour développer toutes les activités artistiques? Que ces activités collectives sont reléguées a la marge, et pendant ce temps la classe, c'est l'individualisme, le chacun pour soi".

"ll n'y a pas eu de chercheur en sciences de l'Éducation qui soit ministre de l'Éducation nationale" fait remarquer Philippe Merieu, qui rappelle : "Je n'ai rien contre les neurosciences, elles produisent les connaissances, ce qui me parait compliqué c'est d'en faire une discipline un peu prescriptives, elles ne nous livrent rien sur les questions éthiques, centrales dans l'enseignement, sur la mobilisation des éleves, comment faire aimer les Fables de la Fontaine à ceux qui ne les aime pas".

Il ne faut pas oublier qu'un élève est un sujet, et qu'un sujet n'est pas réductible à son cerveau    

"Comment faire désirer apprendre à des élèves, estime Mérieu, relève de la pédagogie, qu'aucune science,  aussi élaborée fut-elle, ne pourra jamais traiter".

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