L'ancien patron de la chaîne Equidia, Éric Brion, sort du silence dans un livre "Balance ton père - Lettre à mes filles du premier accusé de #Balancetonporc" aux éditions JC Lattès, en librairie le 14 octobre. Il est l'invité de Léa Salamé.

Il fut le premier accusé du mouvement #BalanceTonPorc, et témoigne ce lundi sur France Inter. Éric Brion sort un livre, intitulé "Balance ton père - Lettres à mes filles", de lequel il relate cet épisode, ses suites et les conséquences sur sa vie.

Éric Brion se souvient du tweet qui a tout fait basculer, un soir de 2017 : "Ce soir là je suis en train de préparer l’anniversaire de ma fille cadette. Je suis complètent concentré sur la fête. C’est un ami qui me prévient, je ne suis pas très Twitter. Je relativise, ce que raconte Sandra Muller (son accusatrice, ndlr) ne correspond pas exactement à la réalité."

"Elle me compare à Harvey Weinstein"

Quelque chose le "gêne" dans son tweet : "Elle parle de harcèlement sexuel au boulot, elle me compare à Harvey Wenstein qui lui a été accusé de viol, d'agression sexuelle. Elle dit “balance ton porc”. Or le nom d’Harvey Weinstein c’est 'the pig', le porc. Donc elle me compare à lui, je crois que c'est ça aussi qui va lancer ce tsunami dans ma vie."

"5 ans après, en pleine affaire Weinstein , je perd pratiquement tout. Tous les contrats. On voit déferler des insultes de gens que je ne connais pas, qui ne me connaissent pas et qui croient cette histoire. On prend des coups, et il est impossible de répondre."

"J'ai perdu presque tout"

Éric Brion raconte avoir "sombré", "fait une dépression" : "J’ai perdu presque tout. Mais j’ai gardé et j’en suis fier, l’amour de mes filles, de beaucoup d’amis. Après il a fallu remonter la pente doucement."

Pour ce qui concerne MeToo ? Il fait la différence avec Balance Ton Porc : "Je suis tout à fait favorable à ce mouvement de libération des femmes. Mais je suis totalement opposé à la délation. Il y a très peu en France de noms qui ont été jeté en pâture. Pourquoi déformer la réalité et mentir, m’accuser de harcèlement sexuel au travail, alors que je ne travaillais pas avec cette personne ? 

MeToo a permis la libération de la parole, mais MeToo est très différent de Balance Ton Porc. MeToo est né d’une enquête forte, avec un violeur. Moi il n’y avait rien, ce n’était pas fondé."

"Bouc émissaire" davantage que "victime"

Il ne se définit pas comme victime mais comme "bouc émissaire" : "Être 'victime' quand on parle de viol en face ou de femmes battues, c’est un mot qu’on a du mal à employer."

Éric Brion a "grandi dans les années 70-80" où dit-il "il y avait des blagues misogynes, mais moi je me suis toujours positionné du côté des femmes."

"(Ma fille) m’a sortie d’un carcan idéologique, poursuit-il, qui est celui de peut-être ne pas se rendre compte de la profondeur du problème : c’est ça, de ne pas être totalement conscient de ce que les jeunes femmes pouvaient vivre."

Éric Brion conclut sur ce qu'il estime être un risque "d'affrontement" : "Aujourd’hui je trouve qu’il y a un risque fort d’affrontement entre les hommes et les femmes. Je l’ai vécu, je le vis tous les jours, et il m’inquiète beaucoup."

  • Légende du visuel principal: Éric Brion © Olivier Roller
Les invités
  • Eric BrionExpert des médias et du digital, ex patron d'Equidia
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