Laurent Nuñez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, est l'invité de Léa Salamé à 7h50.

Laurent Nunez
Laurent Nunez © AFP / Ludovic Marin

L'état de la menace terroriste "reste maximal", assure Laurent Nuñez, Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, quatre ans après les attentats du 13-Novembre.    

"Le niveau de la menace est toujours aussi élevé. La menace a évolué, elle n'a plus la même forme. Il faut être toujours aussi vigilant", poursuit Laurent Nuñez.    

Menace "endogène"

"2015 ce sont des attaques projetées, ce sont des individus qui proviennent de Syrie et d'Irak et qui attaquent le territoire national. 2016, on commence à voir émerger une menace plus endogène, c'est-à-dire des individus qui sont présents sur le territoire national et qui cèdent à la propagande de Daech pour passer à l'action. Et maintenant, nous sommes sur une menace endogène, avec des individus qui n'ont plus forcément de liens avec l'État islamique", explique le Secrétaire d'Etat.    

"C'est cette menace là qu'on craint le plus, la menace dite endogène. Elle est plus difficile à détecter", avec "des individus qui n'ont plus de contact direct avec Daech" et "parfois la radicalisation se fait de manière expresse", ajoute-t-il : "Concernant les attaques projetées sur le territoire national, comme il y a eu il y a 4 ans, on les juge moins probables mais nous sommes attentifs à la dissémination partout dans le monde des djihadistes sur zone pour éviter que de tels actes se reproduisent".

"On est à près de 250 personnes qui ont été remises" dans le cadre du protocole Cazeneuve, "par les autorités turques de manière sécurisée et judiciarisées", indique Laurent Nuñez. Ce protocole qui existe depuis 2014, "fait en sorte que les Turcs nous remettent ces personnes", qui "sont prises en charge immédiatement par la justice à leur arrivée. Pour les majeurs, c'est la case prison. Ce sont des individus connus sur le territoire national qui sont, soit incarcérés, soit placés en garde à vue", a-t-il expliqué.    

La Turquie a entamé lundi son programme de renvoi des combattants étrangers détenus sur son sol. Des Français sont concernés, mais le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur n'a pas souhaité confirmer le chiffre exact du nombre de Français concernés par ce retour. "Les discussions sont en cours" avec le gouvernement turc "pour préparer ce retour", a-t-il indiqué.    

"Ce n'est pas la première fois que les autorités turques renvoient un certain nombre de nos ressortissants qui, soit ont été bloqués en Turquie alors qu'ils voulaient se rendre sur zone, soit ont quitté la Syrie ou l'Irak et se sont retrouvés en Turquie", a affirmé  Laurent Nuñez qui a précisé que cela se déroule dans un "processus classique".

Colère des étudiants

Le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez a dit mercredi "comprendre l'émotion légitime" après l'immolation d'un étudiant à Lyon mais "condamne les violences" qui ont visé notamment un bâtiment du ministère de l'Enseignement supérieur à Paris : 

"Je condamne les violences de la nuit. On peut comprendre l'émotion légitime (...) On peut comprendre qu'il y ait des manifestations devant les Crous, mais les menaces de mort contre les responsables de Crous, les dégradations physiques, l'empêchement de l'ancien président de la République, François Hollande de tenir une conférence, sont des faits qui sont totalement inacceptables"

"L'Université est un endroit de libre expression et donc je condamne très fortement ces violences"

Interrogé sur le risque de convergences des mobilisations, entre celle des étudiants, la perspective d'un mouvement d'ampleur contre la réforme des retraites et les "gilets jaunes", le secrétaire d'Etat a affiché sa "sérénité".    

"Nous observons la situation de manière extrêmement sereine sans aucune crainte particulière", a-t-il observé. "La revendication doit s'exprimer de manière légitime. Elle ne peut pas passer par des violences ou des blocages qui paralysent l'économie du pays", a-t-il souligné.  

Plusieurs rassemblements de centaines d'étudiants en colère, à l'appel du syndicat Solidaire, se sont déroulés mardi dans plusieurs villes de France, notamment à Lyon où un étudiant de 22 ans s'est immolé vendredi devant un restaurant universitaire, et qui est toujours entre la vie et la mort.  En difficulté financière - il avait perdu sa bourse en "triplant" sa deuxième année de licence à l'université Lyon 2 - le jeune homme a expliqué son geste dans un message lu mardi: "Aujourd'hui je vais commettre l'irréparable, si je vise le bâtiment du Crous ce n'est pas par hasard, je vise un lieu politique". A Paris, la grille d'entrée du ministère de l'Enseignement supérieur a été arrachée mardi soir par des manifestants, en marge d'un rassemblement d'étudiants qui s'est déroulé dans le calme devant le Crous. A Lille, l'ancien président François Hollande a été empêché de donner une conférence à l'université par des manifestants dénonçant la précarité étudiante.

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