Cécile Ladjali, enseignante et écrivaine, est l'invitée de Léa Salamé à 7h50.

Au matin des annonces du ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, sur la réforme du bac, Léa Salamé reçoit Cécile Ladjali, enseignante et écrivaine, pour décrypter la réforme et réfléchir aux moyens de faire réussir le plus grand nombre d'élèves possible. 

Quatre épreuves écrites et un grand oral: tel est le visage du nouveau baccalauréat que présente mercredi le ministre de l'Education. 

Ce bac nouvelle formule, que les élèves actuellement en classe de Troisième seront les premiers à passer en 2021, consistera en quatre épreuves écrites: le français en Première, deux épreuves dites de spécialité après les vacances de printemps en Terminale, et la philo fin juin.

Une révolution

Pour Cécile Ladjali c'est une réforme attendue proposée par un ministre qui met les humanités au centre de tout. 

J’ai le sentiment qu’on assiste à une révolution qui risque d’être couronnée de succès. Le génie de Blanquer c’est de rallier tout le monde à sa cause. 

Conserver un rite de passage

Un grand oral, d'une durée de 20 ou 30 minutes, baptisé vraisemblablement "oral de maturité", portera sur un projet entamé en Première en lien avec une des matières principales choisies par l'élève. Les candidats au bac techno conserveront leur "oral de projet" dans sa forme actuelle.

Cécile Ladajli estime que l'épreuve du grand oral va obliger tout le monde à se mettre au travail sur cette question.  

Les élèves des quartiers difficiles sont encore plus empêchés à l’oral qu’on ne le croit. Ils ont du mal à aller au bout d’une pensée ; il faut les accompagner. 

Le contrôle continue pour 40% de la note finale est une mesure qui peut créer des inégalités. 

Le contrôle à Henri IV n’a pas la même valeur que dans un lycée de Seine-Saint-Denis. Il faudra trouver les moyens d'être juste.  

Les quatre épreuves écrites --contre une dizaine actuellement-- et l'oral de maturité compteront pour 60% de la moyenne du bac. Les 40% restants proviendraient de "partiels" semestriels en Première et Terminale passés simultanément par tous les élèves d'un même établissement sur des sujets tirés d'une banque nationale de sujets (pour 30%) et des notes des deux dernières années du lycée (10%). Le partage pourrait aussi se faire à 60/40, sans prise en compte des notes du bulletin.

Le rattrapage serait maintenu, alors que le ministère privilégiait l'examen des bulletins pour accorder (ou pas) l'examen aux candidats qui l'ont manqué de peu.

Pour Cécile Ladjali, il faut conserver ce rituel annuel qui est un cérémonie de passage en quelque sorte. 

Les transformations de cet examen pourraient s'accompagner de profonds changements dans l'organisation du lycée, avec notamment la suppression des séries L, ES et S (littéraire, économique et social, scientifique) remplacées par un tronc commun et trois "spécialités" en Première (pour trois fois quatre heures), ramenées à deux en Terminale (deux fois six heures).

Les élèves choisiront parmi huit "spécialités": mathématiques, physique-chimie, sciences et vie de la Terre, histoire-géographie et géopolitique, sciences économiques et sociales, littérature et philosophie, langues et littérature étrangère, arts.

Les épreuves écrites passées en Terminale pour le bac au printemps seront liées à ces deux spécialités.

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Cécile Ladjali, enseignante et écrivaine © AFP / ULF ANDERSEN
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