Le porte-parole d'Amnesty France revient sur le décès du dissident chinois Prix Nobel de la Paix 2010. "Cette mort et l'attitude des autorités marqueront l'Histoire mondiale".

Manifestation d'Amnesty International
Manifestation d'Amnesty International © AFP / Alain Pitton

Les proches du dissident chinois Liu Xiaobo, décédé ce jeudi d'un cancer du foie, ont dit vendredi n'avoir toujours pas pu entrer en contact avec l'épouse du lauréat du prix Nobel de la paix. Condamné en 2009 à onze ans de prison pour subversion après avoir participé à la rédaction de la "Charte 08", pétition qui demandait d'importantes réformes démocratiques, Liu Xiaobo s'est éteint dans l'hôpital de Shenyang où il avait été transféré fin juin. Il est mort de ce cancer sans que le régime communiste ne le laisse finir ses jours en liberté à l'étranger ou ne le laisse partir se faire soigner.

Sa femme a été placée en résidence surveillée en 2010, l'année où le dissident a obtenu le prix Nobel, et n'a par la suite été autorisée à lui rendre visite en prison qu'une fois par mois. Elle souffrirait d'une dépression.

Nicolas Krameyer responsable du programme Libertés chez Amnesty France, regrette qu'Emmanuel Macron ait twitté un hommage à Liu Xiaobo sans critiquer les autorités chinoises :

Pour lui, Liu Xiaobo est un révolté et a toujours été un non-violent. Les conditions de sa détention et de sa mort sont indignes.

Pékin a rejeté ce vendredi les "déclarations déplacées" des pays étrangers sur la mort en détention du dissident Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, affirmant qu'il s'agissait d'une "affaire intérieure" chinoise.

"La Chine est un Etat de droit. Le traitement du dossier Liu Xiaobo relève des affaires intérieures chinoises et les pays étrangers ne sont pas bien placés pour faire des déclarations déplacées", a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, cité par l'agence Chine nouvelle.

Le comité Nobel de la paix a accusé la Chine de porter "une lourde responsabilité" dans la mort "prématurée" de l'opposant en le privant de soins médicaux adaptés.

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