Nabil Ayouch, réalisateur franco-marocain de "Razzia", est l'invité de Léa Salamé à 7h50.

A l'occasion de la sortie en salle de Razzia, Léa Salamé reçoit son réalisateur, Nabil Ayouch, dont le précédent film Much Loved avait fait scandale au Maroc. Son dernier film analyse la société marocaine à travers les destins croisés de cinq personnages en quête de liberté. 

La polémique à la sortie de "Much Loved"

"Ils [les censeurs] ont compris que l'interdiction de 'Much Loved' avait fait plus de publicité au film qu'autre chose (...) J'ai réfléchi [à partir]. Ça a été une blessure profonde, l'expérience de 'Much Loved'. Ça m'a aussi permis de mettre a l'épreuve mon amour profond pour ce pays, mon inspiration, mon envie d'en parler. Je me suis rendu compte que ma place, pour l'instant, en tous cas, est encore là-bas."

Étouffement des esprits

"Moi et ma femme [qui joue dans 'Razzia', ndlr] on ressent très fort ce sentiment d'étouffement, des espaces mentaux qui se referment, qui nous empêche de rêver". 

Il y a deux schémas de société, dont une partie qui veut nous ramener au Moyen-Age

La place des femmes, principal levier du changement

Une partie des femmes peuvent être les pires ennemies d'elles-même (...) Quand vous regardez l'espace dans lequel on réduit la femme, on se dit qu'on part de loin, c'est le levier sur lequel il y a le plus gros potentiel de changement" :      

Sur les questions sociales et identitaires au Maroc

"On a pas appris à toute cette jeunesse marocaine que les juifs était une composante de la société et de l'identité marocaine. Au bout d'un moment, on oublie notre histoire et on considère les juifs marocains comme des étrangers".  

"La réforme du système éducatif a engagé le pays sur une direction, à l'inverse de la diversité culturelle, de la pensée critique."

Chaque pays a ses grands combats à mener : la place de la femme, c'est le grand combat du Maroc

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