Alors que l'offensive turque en Syrie a semé le trouble dans la région et inquiète l'occident sur la libération de prisonniers proches de djihadistes, le journaliste Wassim Nasr, spécialiste de la question juge que la résurgence du groupe État islamique "est déjà actée depuis longtemps".

"Comme dans toute zone de guerre, quand il y a une prison et des détenus, le territoire change de main et les prisons s'ouvrent", explique le journaliste Wassim Nasr, spécialiste des mouvements djihadistes et auteur de "État Islamique, le fait accompli" (Éd. Plon). Interrogé sur l'intervention turque en Syrie, la libération de proches de djihadistes et la crainte d'Emmanuel Macron de voir poindre une résurgence de Daech, Wassim Nasr estime qu'elle est "actée depuis un moment". "Ils le disent eux-même, ils attendent que l'alliance hétéroclite se dénoue pour revenir sur la scène et profiter du chaos qui va s'installer", jugeant que le groupe État islamique était "toujours là".

Wassim Nasr estime par ailleurs que les Européens auront du mal à raisonner le président turque Erdogan : "Si les Américains n'ont pas réussi à le faire réfléchir, ce ne sont pas les Européens qui vont le faire. Il a la carte des réfugiés, il peut dire 'J'ouvre les vannes quand je veux'. Il y a donc les enjeux de cœur pour le YPD et les kurdes, mais il y a les enjeux des états et il y a une grande hypocrisie, car aucun état occidental n'a voulu que les kurdes de Syrie aient leur propre état révolutionnaire communiste qui s'implante dans cette zone."

  • Légende du visuel principal: Wassim Nasr © Radio France / Capture d'écran RF
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  • Wassim NasrJournaliste à France 24 - spécialiste des mouvements djihadistes
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