Andréa Bescond, auteure de "Et si on se parlait ? », paru aux éditions Harper Collins, est l'invitée de Léa Salamé à 7h50. Elle détaille cette collection de livres pour enfants qui parle, sans tabou, des violences que ceux-ci peuvent subir.

Cette collection est partie d’un constat terrible pour André Bescond : _"_Il y a  165 000 enfants violés chaque année en France ! un enfant meurt tous les quatre jours sous les coups d’un parent ou d’un proche ! Il faut trouver d’autres solutions, parce que toutes les campagnes de prévention, on sait que c’est contreproductif, parce qu’on ne peut pas poser la responsabilité des violences qu’il subit, sur un enfant."

Pour elle, « Nous sommes tous dans un système qui est celui de la notion patrimoniale de l’enfant. 81 % des violences sexuelles sont infligées à des enfants, dans 51 % des cas ils ont moins de 11 ans, et dans 94 % des cas c’est la famille ou un très proche. Il y a une omerta terrible au sein des familles. Dès qu’un enfant agit différemment et change, c’est qu’il y a un problème."

"Enfant, j’aurais aimé avoir ce type d’ouvrage"

Doit-on évoquer ainsi ces sujets directement avec les enfants ? "C’est surtout pour aider les adultes : on se construit avec énormément de barrières, on a du mal à parler des choses, alors que les enfants n’ont pas de tabous. Un enfant c’est pur. Arrivé sur cette planète, il n'a qu’une envie, c’est d’être accompagné. L’enfant est un être de droit qu’il faut accompagner, c’est notre devoir, on a tendance à l’oublier. Il est fondamental de leur faire comprendre que leur intégrité doit être préservée. Le socle de l’enfance est fondamental pour devenir un adulte équilibré, sans traumatisme à gérer."

"Enfant, j’aurais aimé avoir ce type d’ouvrage", regrette la réalisatrice des Chatouilles, elle-même victime de violences sexuelles dans son enfance. "J’ai rien inventé, mais là c’est plus cash, il faut aller au cœur, aux racines de cette violence-là, pour essayer de l’éradiquer. Le pédocriminel va rarement vers l’enfant qui est informé, qui est assez libre de parole et de faits et gestes. Chez un pervers, c’est vraiment quelque chose qui est rédhibitoire : cet enfant va parler."

"Cette loi sur le non-consentement des mineurs de moins de 15 ans doit être votée"

Pour elle, il faut aussi préserver, à travers les enfants, leur construction en tant que futurs adultes : _"_Quand on est un enfant qui a vécu des violences, se reconstruire en tant qu’adulte est difficile, et on peut reproduire des schémas. Dès qu’on ressent cette pulsion de violence, ce n’est pas automatiquement de notre faute : les parents ne se disent pas “on va faire un enfant et on va être maltraitants”. C’est quelque chose qui nous dépasse, donc il faut vraiment trouver de l’accompagnement là-dedans."

Un combat dans lequel elle est accompagnée par Brigitte Macron, avec qui elle pose en une du magazine, Elle. "C'est un symbole, la Première Dame qui soutient cette démarche, pour interpeller les législateurs. Aujourd'hui, on n’a plus le choix, cette loi sur le non-consentement des mineurs de moins de 15 ans doit être votée. Il ya des petites filles, aujourd’hui, qui ont 12 ans, qui ont des corps de femmes, et on ne les protège pas."

Pour rappel, le numéro à contacter en cas de soupçon de violences sur un enfant : le 119.

  • Légende du visuel principal: La cinéaste Andréa Bescond alerte sur les chiffres dramatiques de viols d'enfants en France © capture d'écran
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