La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse est l'invitée de Léa Salamé à 7h50. Elle réagit à l'annonce du début du déconfinement le 11 mai prochain.

"Ce que je crois c’est qu’il faut tenir un discours de vérité, et pas faire de surpromesse : le déconfinement, il commencera le 11 mai et il sera progressif", rappelle Valérie Pécresse. "Il sera différencié selon les régions. La région Île-de-France a une spécificité, c’est que tous les jours nous avons 5 millions de Franciliens dans les transports en commun. Est-ce qu’on imagine aujourd’hui remettre 5 millions de personnes dans les métros et les RER ? Aujourd’hui, il n’y a plus que 500.000 personnes chaque matin dans ces transports. La marche est très haute, il va falloir y aller très progressivement, comme dans les écoles et les entreprises. On télétravaillera encore beaucoup après le 11 mai parce que ce sera souhaitable, il faudra limiter les déplacements."

Un retour à l'école progressif, avec des horaires différents

Le retour à l'école aussi dépendra des transports, qui sont selon elle "un goulet d’étranglement très important". "Pour les écoles et les lycées, ça ne peut être que progressif : par exemple avec des classes dédoublées, ou des arrivées à des heures différentes (les petits entre 8h et 9h, les collégiens entre 9h et 10h, les lycéens entre 10h et 11h). Et il faut assurer la sécurité de tout le monde : ça veut dire porter des masques, respecter les distances de sécurité… Il y a tout un travail de réflexion à faire pour que ça puisse fonctionner. Dans les régions très urbaines, ça ne peut être que progressif."

"Ce qui me paraîtrait logique, c’est d’abord de faire revenir les élèves les plus défavorisés, ceux qui sont déscolarisés", précise Valérie Pécresse. "En Île-de-France, un certain nombre d’élèves n’avaient pas d’équipement numérique chez eux, ou avaient juste un téléphone portable, ou n’avaient pas l’abonnement pour avoir une bonne connexion chez eux. On a une fracture numérique, une fracture scolaire, qui est très palpable : c’est pour ça que la région a décidé une aide financière aux familles de lycéens, pour leur permettre de pouvoir augmenter leur facture téléphonique ou internet, ou une aide alimentaire puisque les élèves n’ont plus de cantine."

30 millions de masques commandés, 10 millions reçus

Le retour s'accompagnera aussi de la nécessité de porter un masque. "Oui il faudra une politique massive de don de masques, d’achat de masques par les entreprises, c’est pour ça que l’Île-de-France a mis en place une centrale d’achat",  explique la présidente de région. "Nous avons sécurisé un approvisionnement de masques en Chine, nous sommes en train de développer des filières franciliennes de production. Pour que chaque Français à terme puisse se procurer un masque. Oui, je pense qu’il faudra des masques, l’académie de médecine l’a dit très clairement, au moins pendant un certain temps. Et il faudra d’autres équipements : des gants, des blouses..."

Ces masques, beaucoup seront distribués par la région. "Nous avons pris une décision cette semaine : distribuer 3,5 millions de masques dans les pharmacies, pour permettre qu’ils soient donnés non seulement aux soignants mais aussi aux malades qui avaient des ordonnances, et qui à cause de la pénurie de masques ne pouvaient pas en recevoir. Nous avons décidé d’acheter 15.000 tests PCR, en lien avec l’ARS, pour accélérer les tests dans les Ehpad franciliens."

La région a déjà reçu 10 millions de masques, sur les 30 millions qu'elle a commandés. "J’en ai déjà distribué plus de 10 millions", explique Valérie Pécresse. "Le premier tiers aux soignants et aux Ehpad, le deuxième tiers aux maires et aux départements pour gérer tout le médico-social, et aux associations humanitaires qui s’occupent des sans abris, le dernier tiers dans les pharmacies. Les masques continuent d’arriver très régulièrement. L’IDF est un réducteur d’inégalités, nous sommes là pour aider toutes les petites structures qui n’ont pas les moyens comme une grande entreprise d’acheter des masques pour ses salariés."

Une gestion commune de la crise avec l'État

"Je crois qu’il faut que nous gérions la main dans la main avec l’État", estime la présidente de région. "On ne peut pas traiter de la même façon des régions qui n’ont pas été touchées de la même manière. C’est pas du tout la même chose d’être président de région Grand-Est ou en Île-de-France, ou bien dans d’autres régions beaucoup moins impactées par la crise.  Aujourd’hui, nous avons 35 % des personnes malades. Ça veut dire que forcément, l’Île-de-France doit mettre les bouchées doubles."

  • Légende du visuel principal: Valérie Pécresse © Radio France /
Les invités
  • Valérie Pécressedéputée des Yvelines et candidate des Républicains à la présidence de la région Ile-de-France
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