Jeanne Balibar, comédienne et réalisatrice, est l'invitée de 7h50. Elle s'indigne des mesures restrictives qui touchent la culture pendant l'épidémie de Covid, estimant que "c’est un choix délibéré que nous ne comprenons pas".

"Je m’envole tout à l’heure pour aller jouer au Portugal, un pays qui n’a jamais fermé ni ses cinémas, ni ses théâtres, ni ses musées, ni même ses restaurants depuis le 1er juin", explique la comédienne, qui omet toutefois de préciser que le Portugal a connu une explosion des cas depuis, et que le nombre de morts de la Covid y a été multiplié par six entre le 1er juin et aujourd'hui.

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Gérer mes choix

"Ça veut dire que c’est un choix du gouvernement, qu’on peut parfaitement faire autrement. Le gouvernement portugais, depuis le mois de juin, ne cesse de répéter qu’il faut garder la culture ouverte, que c’est primordial. Donc c’est un choix de notre gouvernement et nous ne le comprenons pas."

"Au début on a pensé que c’était un oubli, puis on a vu qu’il y avait une volonté délibérée d’agresser le monde de la culture, en disant que c’est non essentiel. Et maintenant, on sert de variable d’ajustement. C’est pas un truc fortuit, c’est délibéré !"

"Il y a d’autres manières de protéger la santé des gens", estime Jeanne Balibar. "Le brassage des populations autour des églises pour tous les gens qui vont s’asseoir de la même manière pour voir l’histoire de Jésus, en quoi ils sont moins contaminants que ceux qui viennent voir l’histoire de Roméo et Juliette ?"

"On ne peut pas faire des lois sur le séparatisme, tout en empêchant les gens de sortir de la culture familiale"

Pour elle, tout ça est avant tout idéologique : "Ce qu’on commence à comprendre, c’est que derrière ça il y a une attaque en règle de la France des Lumières : les Lumières, c’est ça, l’art donne accès aux idées. C’est très bizarre de voir ce gouvernement qui s’en réclame en attaquer le cœur."

"Ce qui se joue dans les salles de cinéma, les musées, les théâtre, c’est d’aller ensemble comprendre des idées par une émotion ressentie ensemble au même moment", selon la comédienne. "Oui, ça peut se passer chez soi quand tout le monde en même temps regarde Netflix, mais il y a l’idée de sortir dans la ville, dans l’espace public. On ne peut pas faire des lois sur le séparatisme, en disant que les gens se replient dans leur culture familiale, tout en empêchant les gens d’aller au premiers endroits où l’on sort de sa famille initiale."

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"Toutes les enquêtes de l’ARS montrent qu’il n’y a pas eu de cluster dans les salles de cinéma ou les théâtres, ni même dans les restaurants", assure-t-elle (ce qui est faux dans ce dernier cas, notamment selon Libération qui estimait en octobre que ces chiffres sont largement sous-estimés).

"Combien d’institutions culturelles auront mis la clé sous la porte ?"

"Nous rentrons dans une ère de risque pandémique, et le devoir d’un gouvernement éclairé au sens des Lumières, républicain, c’est de faire en sorte que la vie sociale puisse continuer, dans ce qu’elle a d’éclairant, de rapport à l’autre."

Elle s'inquiète surtout des conséquences à long terme sur la production culturelle en France : "Rien ne nous garantit que la réouverture se fera fin janvier, début février. D’ici là, combien d’institutions culturelles, de service public de l’émotion et de la pensée, auront mis la clé sous la porte ? Combien pourront s’engager sur des projets futurs ? Les dégâts sont trop importants, et ils sont idéologiques. Il faut arrêter de souscrire à l’idée populiste que la culture est quelque chose d’élitiste. C’est l’endroit, bien plus de l’école, qui permet d’accéder aux idées, parce que c’est direct."

"Oui, il y a des mesures de préservation [de la culture], mais il faut aussi penser à ce qui se joue à l’intérieur de ça. Là-dessus, l’opposition est trop silencieuse."

  • Légende du visuel principal: Jeanne Balibar en studio © Radio France /
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