Suzanne Lindon, actrice, réalisatrice et scénariste, pour son premier film "Seize printemps", est l'invitée de 7h50.

"Plus que de sortir de l’enfance, il fallait que je trouve ma légitimité très rapidement", raconte la fille de Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain. "Et comme j’ai grandi dans une famille d’acteurs et que je voulais faire ce métier-là, il a fallu que je trouve une solution bien à moi, particulière, pour pouvoir faire mes premiers pas. Donc pour jouer, il a fallu que je passe par l’écriture et la réalisation. En fait j’ai voulu me donner une charge de travail supplémentaire, pour être sûre et certaine que j’étais choisie pour les bonnes raisons, pour mon désir d’être actrice plus que pour l’endroit d’où je viens et pour mes parents."

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Dans ce film, elle a "voulu parler de deux solitudes qui se rencontrent. Je ne pense pas qu’il faut être solitaire pour tomber amoureux, mais que c’est une question de moment. Et moi pour exprimer ça, j’ai voulu parler de deux personnages qui n’ont rien à voir : ils n’ont pas le même âge, la même vie, ils appartiennent à des groupes où ils se sentent à côté des autres et un peu ailleurs. Donc le moment de leur rencontre est plus vrai et plus important parce qu’ils se trouvent."

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"Les scènes d’amour au cinéma, c’est pas mon truc"

"C’est un sujet qui aurait pu être un peu compliqué à aborder, le rapport amoureux entre une jeune fille et un homme", explique Suzanne Lindon. "Et moi je voulais absolument que ce soit pur, respectueux, et donc platonique. Pourtant, pour exprimer un amour aussi fort que ce lui du film, il fallait qu’il y ait une sensualité, un mode de communication qui leur appartienne à eux. C’est pour ça que très vite, j’ai voulu les faire danser : les faire se toucher, se découvrir autrement. Et puis moi, les scènes d’amour au cinéma, c’est pas mon truc."

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Un sujet qui reste complexe : l'histoire entre une adolescente de 16 ans et un homme de 35 ans. "Comme j’ai écrit le film en étant jeune fille, je me suis donné des libertés parce que je me trouvais légitime de parler de ça, de parler de la jeunesse sans être caricaturale ou prendre des pincettes. J’ai voulu montrer une jeune fille qui s’assume, qui n’a pas peur d’être ce qu’elle est, de dire non, de ne pas forcément s’amuser avec les gens de son âge. L’influence à ces âges-là, c’est particulier, et je voulais montrer à quel point c’est un moment dans lequel on se construit et à quel point on peut faire face à un adulte aussi, et vivre un rapport amoureux sain. À cet âge-là, on peut être décisionnaire même face à un homme plus vieux qu’elle. C’est même la jeune fille qui a le pouvoir dans le film !"

"Féministe" mais pas "agressive"

"Pour moi, le féminisme c’est le combat important", assure-t-elle. "Mais je suis nuancée, j’ai peur des extrêmes, et j’ai l’impression que mon féminisme s’arrête à l’endroit où les femmes voudraient dépasser les hommes, voudraient se venger d’eux pour avoir eu un pouvoir trop important trop longtemps. Il faut pour moi que les femmes et les hommes soient exactement égaux et au même niveau, et ils ne le sont pas encore. Je ne me sens pas féministe agressive."

"Je suis dans mon époque parce que je suis sur les réseaux sociaux, j’ai un portable, je suis normale ! Mais je trouve qu’aujourd’hui tout le monde donne son avis tout le temps. Et à force de trop parler, on n’écoute plus rien et plus rien n’a de poids."

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Devant son début de carrière fulgurant et son ascendance, on pense notamment à Charlotte Gainsbourg. "Consciemment, je ne me suis pas dit que j’allais lui ressembler, mais ses films, notamment “L’Effrontée”, m’ont marquée. Forcément, quand on me dit que je lui ressemble, je le prends comme un compliment. Pour moi, elle est géniale."

Elle explique avoir voulu au maximum cloisonner son film de ses parents : "Ils étaient au courant que j’avais un film dans la tête et que j’espérais que ça arrive, mais à partir du moment où j’ai vu que ça allait exister, il a fallu que j’aille très loin d’eux dans ma tête, que je leur interdise beaucoup de choses un peu strictement, pour être sûre et certaine que c’était à moi. C’était presque comme un caprice, je voulais que ça n’appartienne qu’à moi. Je les ai éloignés de ça. Ils ont vu le film assez tard, je crois qu’ils ont été émus et fiers. Ils ont découvert ce que leur fille pensait des histoires d’amour, comme s’ils avaient lu mon journal intime, donc c’est un peu vertigineux !"

  • Légende du visuel principal: Suzanne Lindon © AFP / YOHAN BONNET
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