Elisabeth Badinter, philosophe, est l'invitée de Léa Salamé à 7h50.

La philosophe Elisabeth Badinter a réagi ce lundi aux propos du pape François la semaine dernière, qui s'en est violemment pris aux femmes qui interrompent une grossesse et aux médecins qui pratiquent ces IVG, les qualifiant de "tueurs à gage".

Pour elle, les déclarations des instances religieuses, qui ne sont pas neuves, participent à une remise en cause progressive de l'avortement, lente, cachée, mais extrêmement dangereuse pour la liberté des femmes.

Ce qui préoccupe notamment la philosophe, c'est la puissance aujourd'hui des lobbies qui œuvrent pour limiter de plus en plus l'accès à l'IVG, en Italie, aux États-Unis, mais aussi dans les pays de l'Est de l'Europe.

Pour autant, jamais le Pape n'avait émis de critique aussi violente et directe sur ce point. Jusqu'à se demander, suppose Elisabeth Badinter, si ce ne serait pas une stratégie politique pour focaliser le débat sur un autre sujet que sur les scandales de crimes pédophiles qui sont révélés au grand jour.

Interrogée enfin sur l'accès à la PMA pour toutes les femmes, Elisabeth Badinter craint de nouvelles oppositions, même si l'opinion est majoritairement en faveur de cette mesure qui vise à l'égalité. Une égalité qui progresse aussi depuis l'émergence du mouvement #metoo ? Oui, mais attention aux conséquences à plus long terme du mouvement qui, s'il contribue à libérer la femme, fait aussi émerger une forme de méfiance de la part des hommes qui pourrait s'avérer néfaste.

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Elisabeth Badinter, présidente du jury du 43e Livre Inter édition 2017 © Radio France
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