Mike Pompeo, secrétaire d’État américain, est l'invité exceptionnel de Léa Salamé à 7h50. Il évoque la position américaine sur les grandes questions internationales actuelles.

Sur la politique iranienne, le secrétaire d'État américain l'assure : "Très très peu de pays sont en désaccord avec nous, y compris au sein de l'Europe (...) Nous pensons que le changement qu'a fait intervenir le président Trump avec la République d'Iran est un très grand succès. Ça a uni le monde sur le fait que l'Iran est le principal sponsor du terrorisme"

"Nous allons empêcher l'Iran d'acquérir des chars chinois et des systèmes de défenses aériens russes et ensuite de vendre des armes au Hezbollah, torpillant ainsi les efforts du président Macron au Liban."

"Le danger ne vient pas d’Israël mais vient d’Iran"

Il évoque également l'accord historique de reconnaissance d'Israël par le Bahreïn et les Émirats Arabes Unis. “Les Émirats arabes unis et Bahreïn en sont venus à comprendre que le danger ne vient pas d’Israël mais vient d’Iran. Les Bahreinis et les Emiratis ont compris qu’il était temps pour eux de signer cet accord historique, et qu’ils puissent étendre leurs relations diplomatiques avec Israël. Je ne sais pas combien de temps il faudra pour que tous les autres pays comprennent qu’Israël a le droit à l’existence. Ça permettra une plus grande stabilité dans la région.”

Est-il opposé au fait que la France tende la main à l'Iran ? "Je sais que les Français sont liés au Liban. J’aime cet endroit, j’aime ce peuple. Voir ce que le Hezbollah a fait à ce pays sous le contrôle direct de l'Iran m'attriste profondément. Les Etats-Unis veulent empêcher l’Iran d’avoir les ressources, l’argent nécessaire pour fomenter ces violations massives des droits humains dans le monde."

"L'OMS a merdé" sur la crise du Covid

Lorsqu'on l'interroge sur l'épidémie de coronavirus, Mike Pompeo ne mâche pas ses mots : pour lui, “l’OMS a merdé ! Elle a pour but d’éviter les pandémies, et lorsque le Parti communiste chinois a caché ce qui se passait à Wuhan, l’OMS n’a pas exigé que les Chinois soient soumis aux mêmes réglementations internationales. C’est la raison pour laquelle les États-Unis sont inquiets de la politisation de l’OMS."

Le secrétaire d'État américain s'inquiète aussi de l'affaire Navalny, du nom de cet opposant russe victime d'un grave empoisonnement. "Cela nécessite une enquête approfondie et complète, nous allons demander à ce que tous les pays participent pour déterminer comment cet empoisonnement a pu se produire, et comment des choses de cet ordre peuvent se produire.”

Sur la Chine, "nous espérons que d'autres États prendront les mêmes mesures"

Jusqu’où les USA sont-ils prêts à aller face à la Chine, après des sanctions déjà importantes sur les échanges commerciaux ? “Les États-Unis ont toujours été en faveur des droits humains. On a toujours dit que lorsqu’ils sont en danger, qu’il est impossible de pratiquer sa foi ou tout simplement de pouvoir s’exprimer, c’est inacceptable. Nous espérons que d’autres États, surtout l’Europe, prendront les mêmes mesures.”

Concernant la situation tenue entre la Turquie et la Grèce, il assure que "le président Trump s’est beaucoup engagé sur cette affaire, nous étions à Chypre il y a 48 heures. Le président a parlé avec les dirigeants turc et grec pour résoudre ce problème, sans utiliser la puissance militaire mais par les mécanismes normaux et les résolutions internationales. Il faut réduire l’empreinte militaire partout, et utiliser des moyens diplomatiques.”

Enfin, comme Mike Pompeo définirait-il la relation particulière (et parfois difficile entre les États-Unis et la France) ? “J’ai parlé avec les dirigeants français, et nous partageons tellement de valeurs ! Les États-Unis et la France ont eu des accords tactiques et stratégiques : nous avons choisi différentes voies, différents processus, mais c’est normal entre pays différents. Il ne faut pas sous-estimer la relation entre nos deux pays, cette capacité à travailler ensemble pour le bien de nos deux peuples.”

  • Légende du visuel principal: Mike Pompeo, secrétaire d'Etat américain © AFP / COSTAS BALTAS / POOL / AFP
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