Manifestations, menaces, blocages, manœuvres militaires... Après deux mois de tensions, la situation demeure abrasive à Hong Kong. Jusqu'à quel dénouement ? Pour en parler, Sebastian Veg, sinologue et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), est l'invité de Laetitia Gayet à 7h50.

Voilà deux mois que Hong Kong vit au rythme des manifestations. Si le scénario d'une violente répression menée par Pékin ne fait pas de doute aux yeux de certains, le sinologue Sebastian Veg est plus nuancé. "Tout les facteurs ne sont pas réunis", estime le directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. Il voit dans les signaux envoyés par le pouvoir chinois une "stratégie d'ensemble" pour faire monter la pression sur Hong Kong et intimider les manifestants. 

Pour Sebastian Veg, la Chine dispose d'une palette d'outils afin de contenir le mouvement : la police de Hong Kong, les parquets, la menace économique. De sorte que "tout ceux qui ne se mettent pas activement derrière Pékin seront sanctionnés", observe-t-il. À la différence de la répression menée place Tiananmen en juin 1989, il n'y a pas à Hong Kong de zone occupée, mais une série de flash mob et de manifestations. "Il n'est donc pas simple d'arrêter ces manifestations", selon lui.

Comment sortir alors de ce face à face ? "L'issue est imprévisible", estime Sebastian Veg. D'un côté, un gouvernement qui campe sur ses positions, de l'autre des manifestants "massivement soutenus par l'opinion publique hongkongaise. Donc eux non plus ne veulent pas reculer", souligne l'historien.

  • Légende du visuel principal: Des manifestants dans le quartier de Sham Shui Po, à Hong Kong, le 14 août. © AFP / Manan Vatsyayana
Les invités
  • Sebastian Vegdirecteur d'études à l'EHESS et directeur du Centre d'études français sur la Chine contemporaine à Hong Kong
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