Philippe Lançon est l'invité de Léa Salamé à 7h50 pour la sortie de son ouvrage "Le lambeau".

Philippe Lançon en 2013
Philippe Lançon en 2013 © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

Philippe Lançon est l'invité de Léa Salamé à 7h50 pour la sortie de son ouvrage Le lambeau (ed. Gallimard).

Il revient sur les "signes prémonitoires" qui ont entouré l'attentat à Charlie Hebdo et notamment Michel Houellebecq, dont le roman Soumission, sorti la semaine de l'attaque, plane sur les événements, malgré lui.

Dans les 60 pages consacrées à l'attentat, Philippe Lançon décrit, avec une précision extrêmement réaliste et sanglante, la scène mortuaire dans les locaux de Charlie Hebdo. "Je ne pouvais pas l'écrire sans la revivre mais je ne pouvais pas revivre la scène sans l'écrire" raconte-t-il, précisant qu'il a commencé l'écriture de ce roman par ces passages.

"Ils sont avec moi en vérité plus qu'ils ne l'ont jamais été de leur vivant" précise Philippe Lançon. "Ils sont devenus des gens qui m'accompagneront toujours et le minimum que je pouvais faire c'était d'aller le plus loin possible dans ce que moi je sais faire, l'écriture."

"Je n'ai jamais été dans un état où je me suis dit 'contrôle-toi, contrôle ta rage ou ta colère', je pense que la colère m'aurait littéralement dissout" évoque-t-il encore, abordant le chagrin qu'il n'a non pas ressenti mais qu'il est devenu.

Dans Le Lambeau, Philippe Lançon rend aussi hommage à "sa" chirurgienne, Chloé, la femme qui lui a permis de se reconstruire. "Ce processus m'a appris que le patient est quelqu'un qui doit y mettre du sien, absolument, ce n'est pas un enfant ou un oiseau qui attend la béquée".

Son nouveau visage, trois ans après l'attaque, "n'est pas si différent de ce qu'il était avant". "Si je me regarde dans une glace ou sur une photo, c'est plus moi. C'est une vision psychologique, moi je sais que mon visage a changé mais c'est surtout à l'intérieur que j'ai changé".

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