Florence Aubenas, grand reporter du journal Le Monde, est l'auteur d'une enquête sur les "gilets jaunes" de Marmande (Lot-et-Garonne). Elle est l'invitée de Léa Salamé.

Florence Aubenas a passé plusieurs jours sur un rond-point de Marmande, en compagnie des "gilets jaunes", et en a tiré une grande enquête, dans laquelle elle raconte ce pan de la société sorti de la solitude, soudé par la colère contre la classe politique : "[Avant ça ] Ils ne sortaient plus de chez eux (...) la première phase, c'est de parler de soi."

Certains ne parlaient pas, ne se présentaient pas, écrivaient juste leur nom sur leurs gilets

"La chose commune était de parler d'argent, un peu un discours tabou, et là nait l'incohérence des politiques publiques d'aujourd'hui" explique la reporter.

Ce qui soude aussi [les "gilets jaunes"], c'est cette rage contre la classe politique 

Sur son statut de journaliste, métier largement défié par le mouvement : "Au bout d'un moment, c'est plus facile :  vous arrivez, tout le monde vous filme, et je l'accepte, je comprends qu'il y ait une défiance par rapport aux journalistes, la France n'a pas toujours la presse qu'elle mérite." 

A propos des rumeurs qui nourrissent le mouvement :   

Des propos racistes, extrêmes ont aussi émaillé les discussions : "C'est la société, c'est normal que ça se dise, et en face c'est normal que quelqu'un dise "je ne suis pas d'accord" (...) 

Beaucoup disent : 'Je ne dirais pas ça devant ma famille', et c'est déjà ça

"Les gilets jaunes sont réellement une grande chance pour notre pays (...) Je ne leur souhaite pas de devenir un parti, mais d'être un contre pouvoir."

  • Légende du visuel principal: Florence Aubenas © AFP / Pierre Verdy
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