Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine, est l'invitée de Léa Salamé à 7h50.

À propos de la reprise du coronavirus en Chine, qui referme ses écoles et confine à nouveau ses habitants : "Est ce qu'il y a 137 cas, je ne sais pas. S'il réagissent [ainsi], c'est qu'il doit y en avoir plus" estime-t-elle. "Je ne pense pas qu'on ait décrété la fin du virus, depuis la fin du mois de mai on a des clusters, qu'on arrive à dépister" ajoute Karine Lacombe. 

"On sait très bien que la vie d'après va être différente: le gros de l'épidémie est derrière nous, mais elle a une queue, qui peut trainer pendant des mois"

"Le virus ne va pas disparaitre et risque de ressurgir par cluster. il faut éviter que ces petites flambées ne deviennent des grosses flambées".

Retour sur expérience

Sur le terrain, "les personnes infectées bénéficient d'une enquête, souvent elles sont asymptomatiques", mais Karine Lacombe déplore que "lorsqu'on a des centres de dépistage, on met parfois deux  à trois jours à avoir un rendez-vous". par ailleurs,  elle reconnaît : "Les isolements dans les hôtels, ça été un flop."

Pour Karine Lacombe, le confinement a été une réussite : "Les brigades d'anges gardiens ont dit que les premières semaines, elles n'ont pas eu tant de travail que ça" mais "les chiffres confirmés ont été bien inférieurs à ce qui a avait été prédit".  En revanche, l'application Stopcovid, si elle est arrivée un peu tard, prendra sans doute tout son sens à l'automne. 

"En octobre-novembre, on va avoir plein de symptômes grippaux, là cela pourrait être utile, c'est l'automne qui nous préoccupe".

Et à ceux qui s'oublient un peu et se retrouvent à faire la bise sans y penser : "Je dirais pas qu'on est dans le grand relâchement, on a tous besoin de souffler. Maintenant, on sait vraiment comment ça se transmet [surtout dans] les lieux confinés (...) Dans ces situations là il faut faire attention".

À propos du port du masque, l'infectiologue explique : "Dans les transports en commun, oui, mais dans la rue, je ne porte pas le masque, je le porte quand je suis au supermarché".

À propos des corticoïdes testés par les médecins anglais : "Ce qu'il faut retenir, c'est qu'ils [les anglais] ont, sans traitement, 40% de mortalité. Chez nous c'est seulement 13% (...) C'est un traitement qu'on utilise déjà, mais il faut être prudent".

Et elle précise qu'il faudra encore patienter, probablement plusieurs mois pour trouver un vaccin qui fonctionne : "Pour le vaccin, il faut être raisonnable, on a jamais développé un vaccin en aussi peu de temps."

  • Légende du visuel principal: Karine Lacombe © AFP / Geoffrey Van der Hasselt
Les invités
  • Karine LacombeInfectiologue et cheffe de service à l'hôpital Saint-Antoine à Paris
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