"Nous aurons aujourd'hui une nouvelle réunion en visioconférence avec les chefs de gouvernement, pour continuer à gérer cette situation d'état d'urgence, une crise sans précédent pour l'UE et pour le monde" a expliqué le président du Conseil européen, Charles Michel, invité d'Inter mardi matin.

Charles Michel
Charles Michel © AFP / KENZO TRIBOUILLARD

"Nous avons, par visioconférence, pris des décisions stratégiques", assure le "président de l'Europe". "La première décision c'est de prendre des mesures au niveau national, c'est le cas en France, pour ralentir la propagation du virus. Le faire, c'est sauver des vies." Il précise que l'Union européenne travaille également, "notamment avec le commissaire européen Thierry Breton", "pour s'assurer que le matériel médical dont on a besoin, pour les professionnels de santé, puissent être disponibles partout en Europe."

Y a-t-il eu, au départ, un manque de solidarité entre États ? "Aujourd'hui, tous les États-membres ont pris des décisions très fortes, avec parfois des nuances, pour tenter de contenir le virus. Nous aurons aujourd'hui à 17h une nouvelle réunion en visioconférence avec les chefs de gouvernement, pour continuer à gérer cette situation d'état d'urgence, une crise sans précédent pour l'UE et pour le monde. Cela nécessite que l'on soit très déterminé politiquement à faire tout ce qui est nécessaire pour faire reculer cette menace, pour remporter cette bataille."

Que penser des cas de la Hongrie, de la République tchèque, de l'Autriche, qui ont pris des mesures de fermeture des frontières intérieures sans attendre un feu vert de l'Union européenne ? "Nous avons proposé de mettre en place des capacités de check aux frontières intérieures, à condition de laisser passer les biens et marchandises. Nous sommes en contact avec chacun des États-membres pour harmoniser le plus possible. Il est certain que se mettre d'accord à 27 est beaucoup plus compliqué que de décider seul, cela nécessite beaucoup de dialogue, beaucoup de conviction, beaucoup de persuasion. Mais l'approche est très largement commune."

Plus de flexibilité dans les budgets nationaux, pour "permettre de dégager les moyens publics nécessaires"

Sur l'impact du coronavirus sur l'économie européenne, Charles Michel veut rassurer les entreprises : "On sait qu'elles vont souffrir beaucoup, spécialement les petites et moyennes entreprises. Nous allons avoir la possibilité d'utiliser la flexibilité dans les budgets nationaux, pour permettre aux États de dégager les moyens publics nécessaires." L'occasion de revenir, une fois pour toutes, sur la règle des 3  déficit maximum ? Le président du Conseil européen évite la question : "C'est le moment d'être pragmatique et de faire preuve de bon sens."

Toutes ces mesures semblent arriver tard : y a-t-il eu un retard à l'allumage, voire une certaine arrogance, en Europe par rapport aux pays asiatiques ? "Au fur et à mesure que les informations scientifiques parvenaient aux chefs de gouvernement, des décisions ont été prises. Nous avons bien mesuré que nous étions en terre inconnue et qu'il fallait en permanence adapter les mesures."

"Notre philosophie est très simple et empreinte de bon sens", précise Charles Michel. "Au maximum limiter les déplacements qui ne sont pas essentiels, mais dans le même temps on doit permettre la circulation des biens et des marchandises pour éviter qu'il y ait des pénuries, et permettre que le matériel médical puisse circuler."

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