Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée et Président du groupe LR au Sénat, est l'invité de Léa Salamé à 7H50.

Lundi soir, Emmanuel Macron a appelé sa majorité à faire preuve de fermeté sur les questions d'immigration. Pour le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, c'est avant tout un effet d'annonce. "Chez Emmanuel Macron, les mots sont toujours plus forts que les actes : c'est le grand illusionniste, il semble faire mais en réalité il fait semblant", explique le sénateur de Vendée, qui rappelle que la loi "Asile et immigration" a été promulguée il y a un an. 

Selon Bruno Retailleau, Emmanuel Macron a lui-même reconnu que la France connaissait une forte recrudescence des demandes d'asile car elle est devenue "le pays du rebond du droit d'asile", vers lequel les immigrés se reportent lorsque leur demande est refusée ailleurs en Europe : "il y a une explosion de 22% des demandes ; en Europe, -10%. Pourquoi ? L'Allemagne a pris des mesures pour restreindre le regroupement familial, comme la Suède. Et nous, qu'a fait Emmanuel Macron ? Il a élargi les possibilités de regroupement familial". 

S'il n'attend rien du débat sur l'immigration fixé pour le 30 septembre à l'Assemblée nationale, il rappelle que sa famille politique demande "que chaque année, le Parlement puisse fixer des quotas en matière migratoire". Une question dont le gouvernement dit qu'elle n'est pas taboue : "Ce sont des mots", rétorque le sénateur LR. 

Selon Bruno Retailleau, "il faut être aveugle" pour refuser de voir les deux phénomènes que sont d'un côté "la mondialisation, qui menace la singularité de nos cultures et réinterroge chacune de nos identités nationales" et de l'autre "les grands flux migratoires, avec la question d'un islam politique qui est conquérant et qui bouscule un certain nombre de valeurs : l'égalité entre les hommes et les femmes, la possibilité de changer de religion ou de ne pas croire". 

"Il faut parfois être offensif, parfois, défensif, et les élections européennes ont montré que cette demande de protection est importante"

Enfin, interrogé sur le débat sur l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, il explique qu'il votera contre, disant que selon lui "on atteint des frontières abyssales pour l'espèce humaine", évoquant même des expérimentations mêlant humain et animal au Japon. "La grande question, c'est de savoir jusqu'où on va pour soulager des souffrances ou satisfaire des désirs. Tant qu'on n'aura pas prouvé que le besoin d'un père n'est pas quelque chose d'anodin, il faut être prudent", dit-il, affirmant toutefois qu'il n'ira pas manifester et qu'il utilisera "les moyens qu'un parlementaire a à sa disposition". 

  • Légende du visuel principal: Bruno Retailleau © AFP / FRANCOIS GUILLOT / AFP
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  • Bruno Retailleauchef de file des sénateurs Les Républicains, président de la région Pays de La Loire
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