Entre avril et juin 2019, le tourisme, en France, a augmenté de 3,5 % par rapport à l'année précédente. L'Hexagone reste autant une destination prisée à l'étranger que le lieu de vacances de nombreux Français. Saskia Cousin, anthropologue, établit le "portrait robot" du tourisme français.

Saskia Cousin auteure de "Sociologie du tourisme" (La Découverte)
Saskia Cousin auteure de "Sociologie du tourisme" (La Découverte) © Getty / Izusek

Saskia Cousin est anthropologue et maîtresse de conférence à  l'Université Paris Descartes. Elle publie plusieurs ouvrages sur le tourisme dont Sociologie du tourisme en 2016 qu'elle co-écrit avec Bertrand Réau aux éditions La Découverte.

La professeure dresse un portrait des nouveaux touristes français.

La France, destination préférée des Français

80 % des Français restent dans l'Hexagone pour leurs vacances. Les raisons peuvent être multiples. Pour une grande partie, elle est financière. La crise de 2008 a beaucoup impacté le budget vacances des classes moyennes et populaires. Désormais très limités, leurs fonds pour voyager se comptent parfois en centaines d'euros.

Pour d'autres, il s'agit d'une habitude. Ces vacanciers récidivistes sont déjà allés cinq fois ou plus dans le même lieu par le passé. Ils représentent, en 2016, pas moins de 45 % de la population. 

Que ce soit pour retrouver leurs amis, leurs familles ou le confort et les petites attentions qui sont apportées aux clients habitués, la moitié des Français installent une routine au sein de leurs propres vacances.

Touriste 2.0

Saskia Cousin observe l'existence d'une "quête d'authenticité" à travers le tourisme. Selon elle, ces touristes ont le même profil que les amateurs d'art. Elle explique un phénomène de perte du "pouvoir d'authenticité" des musées et des hauts lieux de patrimoine. Cela se fait au profit des excursions et des rencontres multiculturelles.

Elle souligne que cette recherche de l'inconnu tient plus du "jeu de rôle" car les touristes ne voient que ce que les locaux veulent bien leur montrer.

L'anthropologue ajoute qu'il y a bien un tourisme 2.0 qui se crée via les blogueurs, les youtubeurs et les influenceurs. Selon elle, ce nouveau profil marque une transition importante car les autorités dites "légitimes" (sites professionnels, guides de voyages et institutions) perdent du terrain face aux réseaux sociaux.

C'est la fin de la démocratisation du tourisme et l'avènement de la démocratie touristique.

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