Le professeur Jean-Daniel Lelièvre, chef de service des maladies infectieuses de l'Hôpital Henri-Mondor à Créteil et expert vaccins à la HAS (Haute autorité de Santé) est l'invité de 7h50.

"On ne s’attendait pas à avoir aussi rapidement ces mutants", explique le professeur Jean-Daniel Lelièvre en évoquer les "variants" du Covid. "On sait que ce virus peut muter, un peu moins que celui de la grippe, et on avait pris ce défi dès le départ. Là, on voit qu’ils arrivent de plus en plus nombreux et c’est évidemment une source d’inquiétude."

"Il faut comprendre qu’en termes individuels, le variant britannique ne pose pas plus de problèmes que les autres virus actuellement en train de circuler en France. Par contre, à l'échelon de la santé publique, ce virus est plus transmissible donc on s'attend à voir plus de cas. On ne peut pas l’éviter, ni sélectionner tous les patients infectés par ce virus et les mettre de côté !"

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"On a les modèles de ce qui s’est passé au Royaume-Uni", précise-t-il. "Ils étaient dans une situation qui était à peu près la nôtre début novembre, puis une situation très compliquée fin décembre. Il y a plusieurs semaines, tout dépend de l’impact du couvre-feu et de tout un tas de phénomènes qu’on maîtrise mal à l’heure actuelle. On est sur une projection vers mars."

Vers un nouveau confinement... mais "pas trop tôt"

"Le confinement est sans doute intéressant, pour autant il ne faut sans doute pas le mettre trop tôt. On sait qu’il a des impacts économiques, psychologiques majeurs. Je pense que c'est pour ça que le gouvernement se laisse une marge de manœuvre par rapport à l’évolution chaque semaine."

"On ne pourra pas éviter un nouveau confinement. Après, est-ce qu’il sera régional, national ? Est-ce qu’on est obligé de le faire sur l’ensemble du pays ? Là encore, il faudra voir au fur et à mesure avec les épidémiologistes."

Un confinement la semaine prochaine ou la suivante ? "Non, ce ne sera probablement pas si tôt", assure le professeur, qui estime que ce sera au plus tôt après les vacances de février. "Même s’il ne faut pas profiter des vacances de février pour augmenter le risque de transmission du virus ! Même si on décale le confinement, il faut rester prudent et respecter la distanciation sociale pendant toutes les semaines à venir."

Quid des écoles ? "Je pense qu’il faut garder les écoles ouvertes, parce que les enfants ne sont pas les vecteurs majeurs de cette infection. On sait qu’il y a des catastrophes psychologiques chez les enfants quand on ferme les écoles, des retards à l’apprentissage pour un certain nombre d’entre eux."

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Il se dit sceptique aussi sur la fermeture des frontières. "Les frontières n’existent pas, si on les ferme il faudrait aussi fermer les régions. C’est pas plus intéressant de fermer les frontières françaises que de fermer une région française ! L’isolement de 7 jours, ça peut être pertinent… Mais encore faut-il le faire aussi en France."

Vaccin : "On a envie d’aller vite car maintenant on a quelque chose qui fonctionne"

"Les variants sont en train de gagner une étape", estime le professeur Jean-Daniel Lelièvre. "Pour autant pour l’instant ceux que l’on connaît ne sont pas résistants à la réponse immunitaire par les vaccins. Donc on n’est pas trop inquiets, mais on a envie d’aller vite car maintenant on a quelque chose qui fonctionne."

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"Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il n’y a pas véritablement de retard. On savait dès le départ que malheureusement on ne pourrait pas avoir de doses pour vacciner l’ensemble de la planète, de l’Europe ou de la France. Il y a toujours des aléas dans la production de vaccins. D’où les priorités émises par la Haute Autorité de Santé."

"On n’est pas tellement en retard par rapport à nos voisins, et l’objectif n’est pas de vacciner 400.000 ou 1 million de chaque côté… L’objectif c’est de vacciner 40 à 50 millions de Français, un objectif qu’on atteindra dans plusieurs mois."

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En revanche, il estime que vacciner les enfants, comme certains le proposent, est inutile : "Si on vaccine un jour les enfants, ce sera probablement la dernière population concernée. Avec le SARS-Cov2, ce n’est pas une population très atteinte ou qui fait des formes graves."

  • Légende du visuel principal: Pr JeanDaniel Lelièvre © Radio France /
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