Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, est l'invité de Léa Salamé à 7h50. Il évoque la crise post-Covid, ses conséquences sur Air France, sur les plus petites entreprises, sur l'emploi des jeunes et le futur plan de relance.

Comment sauver l'économie française après le Covid ? Le ministre qui en est chargé a rappelé ses priorités : "soutenir les secteurs les plus menacés". Il pense d'abord à Air France, durement frappée par l'épidémie. Sans confirmer le chiffre de 15 à 20 % des effectifs menacés, il rappelle que "Lufthansa a supprimé 22.000 emplois, British Airways va en supprimer 12.000, le trafic aérien s’est effondré de 80 à 90 % et il n’y aura pas de retour à la normale immédiat". "Oui, il y aura des ajustements nécessaires pour Air France. Mais je demande à Air France qu’il n’y ait pas de départs forcés, c'est la ligne rouge."

L'idée pour Bruno Le Maire, c'est de sauver l'entreprise, quitte à ce qu'il y ait des suppressions de postes pour y parvenir. "L'État doit soutenir une entreprise qui demain renoue avec les bénéfices, une entreprise solide qui fait la fierté industrielle de notre pays. J’ai toujours tenu le même langage, sur Renault, sur Air France, sur d’autres entreprises. Dire 'je mets de l'argent mais il faut absolument conserver chaque emploi', ça conduit à des risques de faillites, et au bout du compte à perdre l'argent des Français. Si demain Air France fait faillite, ce sont 7 milliards qui partent en fumée dont je suis responsable."

"Il y aura une taxation des géants du numérique en 2020 en France"

"Nous avons reçu, avec mon homologue italien, espagnol, britannique, une lettre du secrétaire américain au Trésor qui nous confirme qu’ils abandonnent les négociations avec l’OCDE", explique Bruno Le Maire. "Cette lettre est une provocation, on était à quelques cm d’un accord sur les géants du numérique." Mais le ministre de l'Économie l'assure, qu'elle soit négociée ou uniquement nationale, "il y aura bien une taxation des géants du numérique en 2020 en France".

Des "solutions sur la table" pour éviter des faillites massives

"Il y a une vision de long terme. Oui, nous sommes confrontés à une crise qui nous impose de changer des entreprises. Oui, certaines entreprises avec des prêts garantis par l’État risquent de se retrouver avec des problèmes de solvabilité. Il y a beaucoup de solutions qui sont sur la table pour éviter ces faillites en cascade",  assure le ministre. Il y aura notamment, en septembre, après le plan d'urgence du mois de juillet, un "deuxième temps de la relance, avec des plans sur deux ans".

Pour les jeunes, dont les "700.000 qui vont arriver sur le marché de l'emploi", en plus du soutien à l'apprentissage au mois de juillet, Bruno Le Maire se dit favorable à "une mesure plus vaste",  par exemple "une prime à l’embauche des jeunes dès le mois de septembre".

  • Légende du visuel principal: Bruno Le Maire © AFP / Ludovic Marin
Les invités
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.