Le président du Medef est l'invité de Léa Salamé pour évoquer les effets de la crise sanitaire sur les entreprises françaises.

Alors qu'aux États-Unis, Uber a licencié 3 700 employés via un simple message sur l'application Zoom, Geoffroy Roux de Bézieux estime qu'il s'agit de pratiques "qu'on ne peut pas accepter". "Sur la forme, c’est inacceptable. C’est une tradition très différente de la manière dont on fonctionne en France et en Europe. En France, c’est totalement interdit par la loi", rappelle le président du Medef.

Il estime que le coût des nouvelles règles sanitaires mises en place face au coronavirus va varier d'une entreprise à l'autre. "Ca se entre 10 et 20%", juge-t-il. "Il y a le coût des masques ou du gel, mais c’est souvent plutôt des problèmes de productivité. Quand vous nettoyez une chaine automobile toutes les 7h ou 8h, vous ne produisez pas mais vous payez les salaires", détaille-t-il.

"Si c’est structurel, et qu’on doit intégrer ça dans un nouveau mode de production, forcément c’est la chaine de valeur qui va le payer. Ca veut dire à un moment un peu d’inflation. J’ai vu par exemple que des coiffeurs ou des garagistes demandent une petite contribution aux clients. Mais ces coûts sont nécessaires à la sécurité des salariés et des clients", poursuit Geoffroy Roux de Bézieux.

Selon lui, pas de doute à avoir, "il y aura des licenciements". "Il y a des secteurs où la demande est divisée par deux", souligne le patron des patrons, citant l'exemple de l'aéronautique. "Au Medef, on est prêt à discuter avec les syndicats pour trouver des mesures alternatives qui ne remplaceront pas complètement les plans de licenciements mais permettront d’en limiter les effets". 

"C’est le moment où il faut être un peu innovant, avec des réponses un peu différentes de ce qu’on fait d’habitude."

Dans quelles entreprises faudra-t-il travailler plus ? "Il y a un certains nombre d’entreprises où l’on a pris du retard et il y a la possibilité de rattrapper ce retard. Ca peut être le BTP, ça peut être certains commerces. C’est entreprise par entreprise, parce que chaque situation est différente."

Enfin, faut-il revaloriser les salaires des caissières, des agents de nettoyage ? "Oui, si on peut y arriver, il faudrait pouvoir", répond le président du Medef. "Le problème, c’est que ce sont des métiers payés proches du SMIC car les prestations sont facturées pas cher. Pour les agents de nettoyage, leur société a un contrat avec une autre société qui négocie le prix au plus bas. Tant qu’il n’y a pas de revalorisation des prestations, ce sera assez difficile. C’est toute la difficulté de la logique low cost."

  • Légende du visuel principal: Geoffroy Roux de Bézieux, dans les studios de France Inter, jeudi 12 décembre 2019. © Radio France / France Inter
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