Didier Pittet, épidémiologiste, président de la mission indépendante sur l’évaluation de la gestion de la crise COVID-19 en France, chef du service de contrôle des infections aux Hôpitaux Universitaires de Genève, est l'invité de 7h50.

"Dans cette auscultation, nous avons été totalement indépendants, ce qui est assez rare", rappelle le scientifique suisse. "On a pu convoquer plus de 200 personnes, que ce soit des scientifiques, des responsables politiques ou autres. La première chose que m’a dit personnellement Emmanuel Macron suite à la remise de la lettre de mission, c’est : “si vous avez des problèmes avec l’indépendance, vous venez immédiatement me voir”. Il fallait rendre ce rapport avant l’assemblée mondiale de la santé, qui démarre le 24 mai à Genève, parce que le directeur général de la santé a demandé que chaque pays fasse cet exercice. En France, il a été fait au niveau sanitaire, économique et social, ce qui est tout à fait unique."

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Il explique que ce qui l'a "le plus surpris, c’est le fait d’une situation qui a énormément évolué depuis le début. Certes, la France était mal préparée. Mais à partir du déconfinement, il y a eu anticipation. Nous avons dû faire des programmes de déconfinement, personne n’en avait ! Ensuite, les tests sont montés en puissance de manière magnifique, y compris pendant l’été, au risque même que les résultats reviennent trop tardivement. Tout ça, c’est une mise en route assez remarquable."

"En France, vous êtes un pays centralisé, contrairement à la Suisse et l’Allemagne", explique le professeur Didier Pittet. "Et vous avez dû apprendre à territorialiser les choses. Dans les faits, lorsqu’on se retrouve en crise, c’est difficile de tout changer ! Et ça a été spectaculaire. A contrario, la Suisse et l’Allemagne ont dû se centraliser pour gérer, parce que c’était complètement chaotique, notamment pendant la deuxième vague. Chacun a dû s’adapter."

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"Il y a une caractéristique des Français, c’est que vous êtes assez râleurs. Mais ce qui est clair, c’est que cette transformation a été spectaculaire, et ça il faut le dire. Après, on aurait tous pu faire mieux dans le monde entier : l’OMS a souvent été lente, l’Europe n’a pas été au rendez-vous au départ, avant de se rattraper ensuite. Chacun peut et doit faire le retour de crise."

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L'Europe efficace sur le vaccin

Il salue également la campagne vaccinale : "On pensait que les Français étaient contre les vaccins, or maintenant le vaccin devient un objet rare ! Il y avait un choix de mettre de l’argent, et le gouvernement français a été très promouvant pour que l’Europe mette cet argent à l’avance. Sans cet argent-là, on n’aurait pas eu ces vaccins disponibles si rapidement."

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Pourtant, il n'y a pas eu de vaccin français, est-ce un échec du pays ? "C’est une des choses sur lesquelles nous n’avons pas eu le temps de travailler. Nous aurions voulu adresser tout l’aspect de la recherche en France, c'est peut-être quelque chose qu’il faudra faire dans une autre mission."

"Il faudra 80 % d'immunité collective"

Pour le professeur Didier Pittet, en France on est à environ 50 % d’immunité collective aujourd’hui. "Entre ceux qui sont tombés malades et ceux qui sont vaccinés, oui. Ça ne suffit pas tout à fait, il faut continuer, il faudra au moins 80 % d’immunité, sauf si on a d’autres variants qui posent d’autres problèmes."

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"On a revu toute la littérature mondiale, on a vécu une époque scientifique extraordinaire, avec une majorité de publications qui étaient mauvaises, et une certaine partie plus honnête. On vit un événement unique depuis la grippe espagnole, on n’avait jamais eu autant de décès depuis. Il n’y avait pas de solution toute prête à sortir des tiroirs pour décider comment on fait un confinement ou un déconfinement. On a tous tâtonné ! Certains experts disaient de ne pas fermer les écoles, et on a bien fait de les garder ouvertes en France."

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  • Légende du visuel principal: Didier Pittet © AFP / Fabrice COFFRINI / AFP
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