Matthieu Langlois, médecin-chef du RAID a été l'un des premiers à pénétrer dans le Bataclan. Il évoque son livre Médecin du "Raid, vivre en état d'urgence", avec Léa Salamé.

Policiers du RAID en intervention à Le-Port-Marly le 26 septembre 2016
Policiers du RAID en intervention à Le-Port-Marly le 26 septembre 2016 © AFP / Thomas Samson

Quand on est Médecin chef du RAID, on est préparé à pénétrer sur des théâtres de tuerie de masse. Pourtant, Matthieu Langlois, sur le terrain depuis 20 ans, décrit le Bataclan comme le "cauchemar total, l'horreur absolue". Son ouvrage "Raid, vivre en état d'urgence" évoque l'entrée dans la salle, le choc émotionnel qui le saisit à la première vision.

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"Il y a énormément d'émotion, mais il faut la transformer très vite, pour faire notre métier du mieux possible".

La règle n°1, c'est celle qui dit que plus la victime sort vite de la salle, plus elle a de chances de s'en sortir. Quand il entre, il cire "ceux qui peuvent marcher doivent se lever tout de suite et sortir". Mais personne ne bouge. Alors que la menace est encore dans la salle, il lui faut alors appliquer la "technique du triage" : évacuer le plus vite les victimes encore vivantes du théâtre. "Mais les victimes qui pouvaient encore marcher étaient soit encore cachées, soit déjà sorties par elles-mêmes." Alors le médecin prends le pas sur l'homme, et Matthieu Langlois évoque le cas de cette jeune femme qu'il ordonnera de ne pas évacuer : encore vivante mais dans le coma, elle a pris une balle dans la tempe, mais n'a que peu de temps à vivre, elle ne sera pas parmi les cas "prioritaires", ceux que l'on peut encore sauver. "C'est très dur, mais ça fait partie de notre métier", explique le médecin

Il y avait une forme d'incompréhension de la part de policiers, mais ils m'ont fait confiance

Il faut pourtant aussi, dans ce type d'opération, montrer le maximum d'humanité :

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Et les jours qui suivent sont aussi durs, même si deux jours plus tard, Matthieu Langlois enchaine immédiatement sur une autre opération.

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