Bernard Tapie, actionnaire principal du groupe "La Provence", est l'invité de Léa Salamé à 7h50.

Bernard Tapie a appelé ce matin le mouvement des "gilets jaunes" à se structurer. L'actionnaire majoritaire de La Provence, qui dit comprendre le mouvement de contestation, ouvre les portes de ses locaux d'impression aux militants qui souhaitent se rassembler car, martèle-t-il ce mercredi au micro de Léa Salamé, il est nécessaire que "des têtes émergent" pour porter les revendications du mouvement, même si ces représentants ne peuvent jamais être d'accord avec l'intégralité de ces revendications. Sous peine de voir le mouvement s'épuiser et resurgir ensuite sous une forme encore plus violente.

Si les "gilets jaunes" sont soutenus par les Français, malgré les débordements et les violences, c'est parce qu'ils portent une colère partagée par nombre de citoyens. Bernard Tapie dit comprendre comment la société, aujourd'hui, oblige chacun à chercher la richesse, car le bonheur n'existe plus sans cette richesse. "À mon époque, relate-t-il, lui qui a connu une vie "où l'on pouvait être pauvre et heureux", la piscine municipale, apprendre de la musique, vivre en société était gratuit. "Aujourd'hui il faut un smartphone, il faut internet, toutes ces choses coûtent très cher".

L'autre point de colère que Bernard Tapie dit comprendre, c'est la déconnexion du pouvoir avec la réalité de ses électeurs. L'ancien dirigeant de l'OM, en référence aux déclarations du gouvernement déplorant le manque de compréhension, voire d'intelligence des Français face aux mesures qu'il tente de mettre en place, appelle Emmanuel Macron à mieux réfléchir à son entourage et à reconnaître que malgré ses ambitions, le chef de l'État ne "sait pas tout" et qu'il doit travailler avec ceux qui ont l'expérience qui lui manque dans les domaines complémentaires au sien.

En revanche, Bernard Tapie a pris la défense du gouvernement sur la réforme de l'ISF. Il partage l'avis du Président sur l'importance d'attirer les plus riches qui ont la capacité d'investir dans l'économie française, faute de quoi, celle-ci ne peut fonctionner réellement.

Bernard Tapie se bat depuis plusieurs mois contre plusieurs cancers. S'il affirme "que le match n'est pas terminé", le coup de sifflet "finira bien par arriver" mais ce sera sans regret, affirme-t-il avec beaucoup d'humour.

  • Légende du visuel principal: Bernard Tapie © AFP
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