En duplex de Bruxelles, diplomate, ex-secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure, il est aujourd’hui chercheur associé au think tank Carnegie Europe.

Pierre Vimont
Pierre Vimont © Maxppp / LANDOV

Brexit dur ou Brexit doux ? Et surtout, pour qui le sera-t-il le plus ? Pierre Vimont estime que c'est tout l'enjeu des négociations actuelles, complexes à plusieurs niveaux. "La difficulté pour les négociateurs, c'est de comprendre ce que veulent les autorités britanniques", explique-t-il. "Jusqu'ici, elles n'avaient pas conscience du fait qu'à partir du moment où ils quittent l'Europe, tout ce qui sera décidé à Bruxelles se décidera sans eux."

Exemple concret : le financement des politiques européennes, prévu par des cadres sur plusieurs années. "Or la Grande-Bretagne a souscrit au dernier cadre financier de 2014, qui va jusqu'en 2020. L'Europe veut donc que les Britanniques payent jusqu'au bout." Quid de la facture, estimée par certains à 100 milliards d'euros ? "C'est placer la barre très haut", tempère Pierre Vimont. "Mais répondre 'Vous pouvez toujours courir' [comme l'a fait Boris Johnson], ça ne règle pas le problème, il faudra quand même s'asseoir à la table des négociations". D'ailleurs, même Theresa May a admis que son pays devrait payer quelque chose.

Au final, le Brexit est-il une bonne ou une mauvaise affaire ? Difficile à dire. Ce qui est certain pour Pierre Vimont, c'est que "la Grande-Bretagne était dans meilleure situation possible : un pied dedans, un pied dehors." Et certains Britanniques s'inquiètent de ne jamais pouvoir obtenir mieux.

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