Albert Dupontel, acteur, et réalisateur du film "Adieu les cons", qui revient à l'affiche alors que les salles de cinéma ouvrent à nouveau, est l'invité de 7h50.

"Je suis content que la culture globalement ressorte", assure le réalisateur alors que les salles de cinéma rouvrent. "La démarche d’aller au cinéma est une démarche de soumission joyeuse, aller voir des gens plus grands que soi sur un écran. On va enfin quitter les chips, le canapé, la bière et les plateformes numériques. Un peuple qui réfléchit, c’est un peuple qui n’est pas loin de désobéir, et je trouve ça intéressant de développer son esprit critique. Il n’y a qu’en voyant des films qu’on finit par comprendre qui on est."

"C’est difficile d’être pointé du doigt en termes de goûts"

"Je pense que les gens iront au cinéma, ne serait-ce que pour le changement", estime Albert Dupontel. "Quand la télévision est arrivée, tout le monde a dit que c’était la mort du cinéma, c’était pas vrai : les années 60-70 ont été les plus créatives en matière de cinéma. Personnellement, je comprends plus le réel dans les salles obscures que quand je suis en plein air et à jeun. Je remercierai toujours les artistes, de Rohmer à Schwarzenegger, de m’avoir ouvert ce petit regard sur moi-même !"

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Pourquoi n'est-t-il pas venu aux César où il a été multi-récompensé ? "C’est difficile d’être pointé du doigt en termes de goûts et qu’on dise qu’on est le meilleur. Y’a des précédents prestigieux, je crois que Woody Allen n’est jamais allé chercher ses Oscars. C’est pas de l’arrogance ni du dédain, je trouve ça très sain. C’est moi-même qui me permet de faire des films. J’étais soulagé : je me suis dit que c’était une occasion de ressortir le film."

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Mes personnages disent que s’aimer, c’est le plus important d’une existence. On ne peut pas réussir une vie sans dire “je t’aime” à quelqu’un, ou alors on le dit mal.

Pour lui, "tout commence dès l’école". "L’école nous apprend à participer à la compétition sociale, et on n’apprend pas ce qui se passe en nous. Or vous vivez toute une vie avec un parcours intérieur. L’alphabétisation ne va pas de pair avec la créativité, à l’école. C'est un drame, c’est la faute de Jules Ferry, ce bâtard. On apprend à participer à un monde qui, aujourd’hui on le reconnaît, est totalement déviant. Donc il faut changer ça. Je pense qu’un des grands changements qu’on pourrait faire, c’est proposer des écoles alternatives : vous aurez dans 20 ans une génération très différente, altruiste, humaniste, écologiste."

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"Les “cons” [du titre de son film, NDLR], c’est vous, c’est moi, c’est ce qu’on fait de nous, c’est pour ça que je me pardonne. Je me dis : j’ai été à l’école, et mes déviances d’adulte c’est des carences affectives et des carences pédagogiques."

"On peut stimuler l’intelligence sans la compétition", estime le réalisateur. "Beaucoup de gens sortent de l’école, les meilleurs vont dans des écoles élitistes, puis dans des banques ou à l’Élysée, voire les deux. Mais ce qu’on appelle la brillance intellectuelle n’est pas forcément de l’intelligence. Le plus dur, c’est de se connaître soi-même. Les enfants sont des petits génies qui apprennent à marcher et à parler tout seuls, et on en fait des bêtes à concours dans les écoles. On est conditionnés pour ne pas être intelligents !"

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"Ce qui manque, c’est de vraies convictions humanistes, écologistes, altruistes"

Il le reconnaît : "Les hommes politiques me font peur. Ils peuvent se planter, et dire l’inverse la semaine d’après ! C’est des gens qui foutent les jetons. Comment ils osent faire ça, je ne sais pas. Alors, il y a des gens très purs et convaincus, comme Clémenceau ou De Gaulle qui étaient plus que des hommes politiques, c’était des gens convaincus. Aujourd’hui, ce qui manque c’est de vraies convictions humanistes, écologistes, altruistes. Par exemple, pourquoi pour être écologiste il faudrait être de gauche ? Je ne comprends pas, c’est un truc pour tout le monde."

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Il s'inquiète de voir que "le bateau coule et ils sont en train de se battre pour savoir qui va être le capitaine dans quelques mois ! Ça devrait être possible d’arrêter de s’engueuler et de faire un gouvernement d’union nationale, il n’y a pas 36 solutions… Mais avant que le monde d’avant change, ils vont s’accrocher."

"La convention citoyenne, j’ai trouvé ça formidable. Vous avez des gens d’une humilité totale, qui passent leur temps à s’excuser d’être là, et qui ont sorti des mesures extraordinaires. Je crois beaucoup à l’individu, on peut parler à un supporter du PSG, c’est dur de parler à un stade. "

  • Légende du visuel principal: Albert Dupontel en mars 2021 © Maxppp / Franck Castel
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