Le maire LR de Cannes David Lisnard, vice-président et porte-parole de l'Association des maires de France, est l'invité de Léa Salamé à 7h50.

À la veille du Congrès des maires de France, ces derniers sont en pleine crise : selon le Cevipof, un maire sur deux ne souhaite pas se représenter en 2020, lors des prochaines municipales. Une crise qui n'étonne pas le maire de Cannes, qui dénonce une retour à une centralisation excessive en France. "Dans une société qui nécessite de l'agilité, de la proximité, on est face à un archaïsme du pouvoir actuel", explique-t-il. "C'est tout un paradoxe, avec un hyper conformisme technocratique qui recentralise. On veut qu'on cesse de complexifier, de suradministrer, de rendre impossible la prise de décision. Le malaise des maires, il vient de là."

L'an passé, Emmanuel Macron s'était engagé à venir chaque année à ce Congrès avec les élus locaux, mais il n'y ira finalement pas cette fois. "Si on s'engage, on vient", lance David Lisnard. "On ne demande pas au président de venir chaque année, mais pourquoi a-t-il pris cet engagement l'année dernière de façon très solennelle, très emphatique ? Ce qui compte c'est qu'on arrive à rétablir une relation de confiance entre les maires et l'exécutif." Le président de la République doit toutefois envoyer une lettre aux maires de France, et a invité quelques centaines d'élus à l'Élysée. "Je n'irai pas car je ne veux pas servir de figurant dans une opération de communication.", lance le maire de Cannes.

Les gilets jaunes, symbole d'une "crise majeure de démocratie"

De quoi ce mouvement des gilets jaunes est-il le nom ? "Je crois qu'ils sont le nom de Français qui jusqu'à maintenant se sont sentis hors des écrans radars de la politique voire de l'intérêt médiatique. C'est très difficile d'évaluer la réalité de ce phénomène, même dans sa composition sociologique."

Toutefois, il estime qu'il y a ici "plus que du ras-le-bol fiscal". "On est aujourd'hui dans une crise majeure de démocratie, on a du mal à refaire communauté. Beaucoup de ces personnes qui s'expriment ont un sentiment d'injustice." Pour lui, il n'y a pas là un mépris des questions écologiques : "chacun est capable de faire des efforts, de comprendre qu'il faut préserver la planète. Mais pas de subir l'hypocrisie et l'injustice, comme lorsqu'on explique de l'augmentation de la fiscalité sur les carburants est là pour sauver la planète. Alors qu'elle est là pour tenter d'endiguer le délabrement des comptes de l'État."

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David Lisnard © AFP / Valery HACHE / AFP
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