Nathan Law, militant hongkongais pro-démocratie, exilé à Londres, est l'invité de 7h50.

Nathan Law à Hong-Kong en juin
Nathan Law à Hong-Kong en juin © AFP / Shiomi Kadoya / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

Que la France en fasse "davantage"

Pékin a promulgué le 30 juin dernier une loi draconienne sur la sécurité nationale, imposée à Hong Kong pour réprimer "la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères", en réponse au mouvement de contestation visant depuis l'an dernier le pouvoir central. 

"Il y a un contrôle direct, autocrate exercé par la Chine et cela va à l'encontre de l'autodétermination de Hong Kong", a dénoncé le militant hongkongais pro-démocratie Nathan Law, interrogé par France Inter. Exilé à Londres depuis une semaine, il a également dit "espérer" que la France puisse "en faire davantage et qu'elle pourra dire très clairement que la cause des droits de l'homme ne sera pas abandonnée au profit des échanges commerciaux."

"Il faut qu'avec d'autres pays, on mette la Chine devant ses responsabilités", a souligné celui qui est aussi l'un des chefs de file du parti politique Demosisto, qui a annoncé sa dissolution peu après l'adoption par le Parlement chinois de la législation controversée sur la sécurité nationale.     

"Il y a une officine secrète à Hong Kong qui a pris, de fait, l'autorité du gouvernement de Hong Kong, et au titre de la loi de sécurité nationale, les autorités de Hong Kong n'ont plus de place", a estimé le jeune militant de 27 ans, qui explique être à Londres tout en se déplaçant "en permanence" et en faisant "très attention aux lieux" où il se trouve "pour rester en sécurité".     

Des militants en "très grave danger" 

Selon Nathan Law, les militants restés à Hong Kong "courent un très grave danger" : "Ils pourraient faire face à des peines d'emprisonnement à vie. La loi de sécurité nationale est rédigée de manière très vague, très large, ce qui fait que les militants pro-démocratie peuvent être emprisonnés si le gouvernement le décide."  Moins de 24 heures après l'entrée en vigueur de la loi, la police a en effet procédé aux premières arrestations à Hong-Kong en vertu de ce texte.   

Pour moi, le fait de quitter Hong Kong, c'était un choix stratégique pour pouvoir porter ma cause sur le plan international", a expliqué Nathan Law, tout en assurant avoir utilisé des "moyens légaux" pour fuir Hong Kong. 

"Nous allons continuer à nous battre pour obtenir le soutien du monde entier, et je vais me battre pour Hong Kong quel que soit le coût", a-t-il ajouté.    

"J'ai de l'espoir, mais à court terme, l'avenir paraît bien sombre. Il faut être plus ferme vis-à-vis de la Chine. J'espère qu'un jour Hong Kong sera libre et démocratique", a conclu le militant.

Les invités
L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.