Directrice de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Asppas). Elle commente le nouveau plafond fixant le nombre maximal de loups pouvant être abattus à 40 par an.

Des loups aux Angles. Nicolas Hulot, Ministre de l'Ecologie, et Stéphane Travert, Ministre de l'Agriculture, ont annoncé le 20 juillet 2017 que 40 loups pourront être abattus en 2017/2018.
Des loups aux Angles. Nicolas Hulot, Ministre de l'Ecologie, et Stéphane Travert, Ministre de l'Agriculture, ont annoncé le 20 juillet 2017 que 40 loups pourront être abattus en 2017/2018. © AFP / RAYMOND ROIG

C'est un débat difficile, interminable, en apparence irréconciliable : faut-il abattre plus de loups, pour protéger les troupeaux ? Pour Madine Reynaud, la question du nombre de loups à "prélever" est une illusion : "à partir du moment où l'on autorise l'abattage de loups, c'est trop. Ce n'est pas la solution."

D'autant que la France est censée, pour respecter le droit européen, assurer la survie de cette espèce protégée. "Il y a des mesures de protection possibles [avant l'abattage], mais aussi des tirs d’effarouchement... Les textes européens prévoient qu'il faut avoir mis en place trois niveaux de protection des troupeaux, avant de passer au prélèvement. On demande à ce que ces mesures soient améliorées. L'idée c'est de garder les moutons pour garder les loups."

Pour elle, la réponse apportée par le gouvernement (maintenir le chiffre de loups à abattre à 40) est une mauvaise solution. "On espérait plus de Nicolas Hulot, on espérait qu'il prenne de la distance, et un peu de bon sens. Une étude du ministère montre qu'on est en train d'autoriser trop d'abattages par rapport à la population."

Un loup en moins, un problème de plus

D'autant que le remède peut être pire que le mal. Dans certains cas, "quand il y a un abattage de loup, dans les jours qui suivent il y a encore plus d'attaques de troupeaux." Pire, "une fois que des loups sont tirés, les meutes sont déstabilisées et se dispersent. Ça disperse aussi la population et ça fait que les loups se répandent sur le territoire."

Mais Madline Reynaud est consciente que la question est douloureuse aussi pour les éleveurs. "Il faut dépassionner le débat. Mais pour participer à des réunions avec des éleveurs, on se rend compte que c'est très vif pour eux."

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