Le chocolatier présentera en 2017 une cinquantaine d’œuvres d’art chez Christie’s avec une particularité : aucune d’entre elles ne sera en chocolat. Il est l'invité de Léa Salamé

Patrick Roger
Patrick Roger © AFP / PIERRE ANDRIEU

Patrick Roger confie d'abord qu'il n'aimait pas, jusqu'à l'âge de 18 ans, le chocolat. "C'était avant d'arriver à Paris, en 1975, chez le traiteur Pierre Mauduit". Le patron voit que la pâtisserie n'est pas vraiment le truc de Patrick Roger, il l'envoie alors au poste de chocolatier :

"Deux chocolatiers valent à peine un pâtissier, c'est ce qu'on nous disait en apprentissage", explique Patrick Roger. "Pourtant tous ces métiers sont fantastiques, tous ces artisans, ces ouvriers". Le chocolatier est formel :

En France, il faut des artisans des paysans, car sans eux, on ne sait pas manger

"C'est évident que Pierre Hermé ou la Maison du chocolat (...) Bocuse, Robuchon ont apporté beaucoup à tous ces métiers" estime Patrick Roger, qui ne pense pas que le chocolat soit devenu un produit de luxe : "Notre problématique, c'est la main-d'oeuvre, c'est nos petites mains".

Beaucoup de choses peuvent aussi influer sur le marché économique du chocolat : "Tout a une incidence sur ce que l'on fait, de la Syrie au cours du dollar. Les pistaches poussent en Syrie, Turquie, Iran, Sicile : si vous avez un problème géopolitique au bout du monde, ça finit par toucher le petit artisan au bout de la chaîne".

Les français restent des mangeurs modérés de chocolat, avec 7kg par an, contre 10kg pour les scandinaves ou 100 gr pour les chinois :

"Pour les chinois, on était à 70 gr. par an avant, donc ça monte. Mais ce n'est pas leur culture".

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