L'invité de Carine Bécard est Benoît Payan, le maire de Marseille, tout juste élu par le conseil municipal suite au départ de Michèle Rubirola, leader du Printemps marseillais.

Benoît Payan est-il un homme heureux ? "Je suis surtout déterminé, il faut l’être quand on est maire de cette ville, et se mettre au travail", explique-t-il. "Bien sûr, hier ça a été une journée avec de l’émotion, des sentiments mitigés, mais on n’a vraiment pas le temps de s'appesantir sur tout ça : ce qui m’intéresse, c’est d’être dès ce matin au travail. Ce qui m’intéresse c’est les gens, c’est ma ville, c’est pas ma carrière : il faut sortir de ces schémas, c’est un peu dépassé."

"On est dans une situation qui est extrêmement compliquée et difficile", rappelle le nouveau maire. "Avec des finances dans le rouge, une gestion qui pendant 25 ans s’est trompée de cap et de chemin. Il faut identifier les priorités : on a dans cette ville de très grands chantiers, comme la question des écoles dans un état catastrophique. On se détourne du strass, des paillettes, on se concentre sur l’essentiel."

Priorités : l'école, la crise sanitaire, le logement

"Un maire doit penser à la première de ses compétences : l’école. À Marseille, ça doit être une priorité. Donc dès le mois de janvier, on va investir 1 milliard d’euros sur cette question. Pour ça, il faut des projets bien ficelés, intelligents, il faut des partenariats avec les collectivités territoriales, avec l’État, il faut des fonds européens… Il faut être inventif. On sait que Marseille est pauvre, qu’on n’a pas des finances florissantes : donc on a chercher l’argent là où il est."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il ajoute qu'il faut aussi d'urgence "gérer la crise : à Marseille, deuxième ville de France, on est aussi frappés de plein fouet par la crise ! On a les restaurateurs, les bars, les commerçants : tous prennent sur la tête le confinement et la crise sanitaire. Il faut être à leurs côtés, être là au quotidien : on va surmonter cette crise et le faire ensemble. Le temps n’est plus à la polémique, il faut se retrousser les manches et se rassembler."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

"Il y a aussi la question du logement", conclut Benoît Payan. "Vous savez qu’on a été frappés par un drame terrible : le 5 novembre 2018 est un jour qui va rester gravé dans ma mémoire, il a marqué ma ville et les Marseillais. Huit d’entre nous sont morts de l’abandon, du cynisme. On a eu des larmes de tristesse et de colère, et pour autant aujourd’hui il y a toujours 40.000 logements insalubres, indignes et dangereux, 100.000 Marseillais vivent dans des conditions d’insécurité sanitaire, on ne peut pas rester dans cette situation."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

"Michèle Rubirola a fait le choix de faire un pas de côté, d’installer cette situation"

Benoît Payan devient maire alors que les Marseillais ont voté pour une équipe, certes, mais menée par Michèle Rubirola. S'attendaient-ils à changer de maire si vite ? "Je ne peux pas réécrire l’Histoire : moi je sais ce qu’on doit à Michèle Rubirola, je sais quel a été son engagement, je connais sa force, sa franchise et sa transparence. Elle a fait le choix de faire un pas de côté, d’installer cette situation. Le Printemps marseillais, on est un collectif ! Je sais que ça change, ça détonne, ça a énormément interrogé. Il faut passer sur le commentaire et regarder la réalité : des femmes et des hommes ont mis de côté leurs étiquettes et ont décidé de se rassembler, parce que la situation le commandait. On a des parcours différents, mais on a en commun Marseille."

"Michèle s’est “sacrifiée” pour le collectif : elle a fait le choix de se mettre au service d’un collectif. Mais elle sera là, et en charge de la santé, en pleine crise centenaire."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

"Sortez de cette personnalisation", implore le nouveau maire. "Je sais que vous en avez besoin, mais vous êtes capables de voir des points de vue qui détonnent dans le paysage politique. Les Marseillais ont élu une équipe, aujourd’hui cette équipe fait le choix de changer de capitaine, mais c’est la même équipe qui est au travail."

Marseille a-t-elle désormais un maire socialiste ? "Ce n’est pas une ville socialiste, c’est une ville Printemps marseillais. Je me suis engagé à 20 ans parce que j’avais envie de changer les choses, je ne regrette pas de l’avoir fait. Je ne demande pas une médaille pour m’être engagé tôt, je revendique d’être jugé sur des actes."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

  • Légende du visuel principal: Benoit Payan, maire de Marseille nouvellement élu © AFP / Christophe Simon
Les invités
L'équipe
Contact