La présidente d'honneur du MEDEF, Laurence Parisot, est l'invitée de Léa Salamé, après l'annonce du gouvernement d'un plan d'action à venir contre les inégalités salariales entre les femmes et les hommes.

Sur la situation économique de la France

Les Français ont-ils plus confiance en leur économie ? Selon l'ancienne présidente du MEDEF Laurence Parisot, chef d'entreprise, "on sait que les Français sont en train de retrouver l'estime d'eux-mêmes, mais (...) tant que le chômage en France sera aussi élevé, et tant qu'il y aura autant de zones de pauvreté, tant que nous ne saurons pas rétablir la prospérité sur tout le territoire, il y aura un doute", explique-t-elle.

Convaincue que les changements économiques prennent du temps, Laurence Parisot dit parier sur une inversion des tendances "d'ici la fin de l'année 2018", car "nous sommes plus attractifs", et car "des décisions budgétaires importantes ont été prises qui donnent confiance aux investisseurs et aux entreprises, et notre pays est plus stable et n'est pas tombé dans le piège du populisme". 

Malgré tout, "la France a encore des handicaps économiques structurels lourds et préoccupants : je pense au déficit public, au déficit commercial (...). Nous ne sommes pas capables d'exporter nos biens et nos services, il y a encore beaucoup de travail", explique-t-elle. 

Sur l'abandon de la candidature à l'exposition universelle de 2025

"Je ne connais pas les motivations exactes du gouvernement sur le sujet, mais nous avons encore des finances publiques très déséquilibrées" explique Laurence Parisot, faisant référence aux arguments qu'elle a avancés plus tôt. "Nous ne pouvons pas tout réussir et nous n'avons pas les moyens de le faire", ajoute-t-elle, préconisant plutôt de se concentrer sur l'organisation des Jeux olympiques. 

Sur les inégalités salariales femmes-hommes

"Je suis féministe et je n'ai jamais supporté tout ce que j'ai observé de traitements machistes, mysogynes, d'inégalités entre les hommes et les femmes dans l'entreprise et ailleurs", dit Laurence Parisot. Mais pour elle, un plan pour l'égalité des salaires seul ne suffit pas. "Il faut aborder le sujet d'une manière vaste. Je regrette que nous n'ayons pas comme annoncé dans le gouvernement un grand ministère des droits des femmes ou de l’égalité. On sait très bien qu'un grand ministère pourrait faire avancer les choses beaucoup plus significativement".

A court terme, une solution pour rétablir l'égalité des salaires serait-elle de rendre obligatoire le congé paternité ? "C'est ce que j'ai proposé il y a plusieurs années. C'est cela qu'il faut faire. Un congé paternité obligatoire rétablit l'égalité du regard porté sur la femme et l'homme dans l'entreprise (…). Sur la question de l'écart des salaires, on a tous les dispositifs législatifs, il faut simplement les mettre en place de manière très ferme. Mais à court terme, c'est la solution". 

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Laurence Parisot © AFP / Thomas Samson
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