L'artiste et rappeur français Kery James est l'invité d'Alexandra Bensaid à 7h50 pour son nouvel album "J’rap encore" et son film "Banlieusards", bientôt disponible sur Netflix.

Pour le rappeur Kery James, certes "le chômage, la discrimination raciale ont plus de conséquence sur les quartiers que les rappeurs", il ne peut toutefois "pas nier que le rap a un impact sur la vie des gens". "Aujourd'hui, le rap porte un message très mercantile, poursuit l'artiste. Le rap d’aujourd’hui met l’argent au centre de tout quand dans le reste de la société. Il n'y a plus de recherche du mot, du verbe. C’est un message médiocre. Trop souvent le rap d’aujourd’hui diffuse un message qui fait l'apologie de la violence et de l'autodestruction."

Son oeuvre et son travail sont un message pour les banlieusards et pour tous ceux qui sont dans la difficulté. "Il y a deux France, il y a aussi cette discrimination territoriale qui fait mal. Celui qui divise les gens (Macron) entre ceux qui réussissent et ceux qui n’ont rien, provoque un colère qui est légitime." Et à propos du mouvement des Gilets jaunes, il affirme être "solidaire de cette colère". La banlieue a changé selon lui : "Il y a d’un côté des gens qui ont des ambitions et de l’autre, il y a des gens qui ont cédé à une violence totale". 

Pour le rappeur, l’État, "il faut s’en émanciper". "La banlieue n’est pas une immense crèche à ciel ouvert, explique-t-il, et la responsabilité en incombe à tous. Mais l'artiste avertit qu'il ne faut pas non plus nier les difficultés de ce que vivent les gens." 

Pour Kery James, "l’éducation est le nerf de la guerre". Il mène d'ailleurs cette "bataille" de l'école avec son association qui fait du soutien scolaire et de l’aide aux études supérieures. Au sujet de son film, Banlieusards, il explique : "Pendant trois ans, je n’ai pas eu de financement pour mon film. Netflix a accepté de le financer, ils ne sont jamais intervenu sur le scénario." Kery James sera en concert le 8 décembre au Zénith de Paris.  

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Kery James © AFP / Fred Tanneau
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