La comédienne Charlotte Rampling et le réalisateur Jonathan Nossiter sont à l'affiche de "Last Words", un film aux accents prophétiques sur la fin du monde, actuellement en salles. Ils sont les invités de Léa Salamé, sur France Inter.

C'est un film aux accents d'apocalypse. Dans Last Words, adaptation du roman de Santiago Amigorena, nous sommes en 2085, l'Afrique a disparue recouverte par la mer, la pluie est toxique, on manque d'eau potable, plus rien ne pousse, la Terre est devenue un immense désert sans électricité ni machine et les derniers survivants se rejoignent tous à Athènes, appelés par un dernier espoir. Un virus respiratoire a fini par tuer les derniers humains, certains seulement - ils sont cinq - survivent dans les villes devenues d'immenses décharges. 

Ce film, "je le conçois comme un acte de grand optimisme", confie son réalisateur Jonathan Nossiter, invité de France Inter jeudi matin. "C'est un film de tendresse et de douceur. Car la seule manière de réagir à l'énormité de la menace de l'extinction de l'espace humaine, c'est de réagir avec lucidité et avec tendresse envers les autres", estime-t-il. "C'est un thème qui me touche beaucoup", confie l'actrice Charlotte Rampling, "car il est poétique et prophétique. Pour le cinéma, c'est très difficile à mettre en image." 

"On peut, en toutes circonstances, garder la joie"

"Ce qui est important c'est de voir à quel point les acteurs démontrent que les plus simples gestes de solidarité, la joie d'être ensemble, la culture, peuvent nous sauver et remédier à beaucoup de problèmes", ajoute Jonathan Nossiter. Dans le film, où la perte de lien est totale, les personnages "sont tous isolés les uns les autres", "jusqu'à ce qu'ils arrivent à trouver un projecteur et regarder de vieux films", raconte Charlotte Rampling.

La joie, un guide pour la comédienne. "Je la garde, c'est une pierre précieuse", dit-elle. "C'est un très long travail. Si on rentre en dépression, si on ne fait pas l'effort de s'en sortir, on meurt. On peut, en toutes circonstances, garder la joie."

Le réalisateur, Jonathan Nossiter, trouve lui son bonheur en étant, le reste du temps, agriculteur autour du lac volcanique de Bolsena, entre Florence et Rome, cultivant des légumes en permaculture : "C'est une continuité naturelle de mon travail de réalisateur, de travailler la terre, récupérer ces variétés anciennes oubliées, de partager la joie avec les autres et protéger la terre. L'agriculture et la culture son liées intimement."

  • Légende du visuel principal: Jonathan Nossiter et Charlotte Rampling, ici en 2004. © AFP / Philippe Merle
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