Hervé Temime, avocat, auteur de Secret défense (Gallimard), est l'invité de Léa Salamé.

Dans "Secret défense", Hervé Témime défend le secret, car "je déteste les gens qui mettent tout sur la table", dit-il, et il défend surtout le secret professionnel des avocats, alors que des avocats ont été récemment écoutés. 

Il convient que "la justice a été rendu pendant trop longtemps par les protégeants" mais, dit-il "aujourd’hui on est dans une correction de l’histoire qui n’est pas si positive que ça, car les puissants n’ont pas à avoir le sort des plus faibles [sous entendu tels que les plus faibles étaient traités avant] . Aujourd’hui quand vous êtes puissants vous êtes plus exposés face à la justice".

Dans le cadre de l'affaire Bismuth, mettant en cause Nicolas Sarkozy et de son avocat Me Thierry Herzog, il défend l'avocat. "Je défends Thierry Herzog, et ce qui m'importe c’est qu’il ne soit pas condamné. Le secret professionnel a été bafoué de manière considérable et ça a été couvert par la Cour de cassation. Des enquêteurs ont écouté tous les propos y compris les plus secrets (...) Je ne veux pas qu’on écoute mes propos avec vous si je vous défends."

Parlant du mouvement Metoo,  il convient que "c’est très bien car il y  un problème de fond , le comportement de beaucoup d’hommes avec beaucoup de femmes ainsi que le traitement par la justice des violences faites aux femmes", mais il tempère en citant l'humoriste et comédienne Blanche Gardin, qui ne se  reconnait pas dans le discours de certaines militantes radicales. Car Hervé Témime met en garde contre la tentation de remplacer les tribunaux judiciaires par des "tribunaux médiatiques".

Dans le cas de Roman Polanski, par exemple, et des affaires datant de quarante-cinq ans, "c’est prescrit, alors doit-on le traiter comme un coupable au motif qu’aucune enquête ne pourra être faite ?" demande l'avocat. "On sait qu’il n’y aura pas d'enquête, il suffit de publier pour qu'il soit considéré comme coupable. C’est la responsabilité des journalistes, on publie ou on ne publie pas". 

Interrogé sur la nomination d'Eric Dupond-Moretti au ministère de la Justice, Me Témime rappelle que "C'est un rêve de gosse, nous avons tous grandi dans le modèle de Robert Badinter, avocat qui est devenu ministre de la Justice et fait abolir la peine de mort. Je demande qu'on lui laisse du temps". 

  • Légende du visuel principal: Hervé Temime © AFP / Bertrand GUAY / AFP
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