Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP, est l'invité de 7h50.

Faisant le point sur l'état de l'épidémie de Covid 19 en Île-de-France, le patron des hôpitaux parisiens explique, qu'à l'inverse des semaines qui ont suivi le déconfinement,  "dans le mois qui vient de s'écouler, ça remonte doucement, mais de manière continue".

"C'est une tendance à une augmentation, qui n'a strictement rien à voir avec la flambée qu'on a connue au mois de mars ou au mois d’avril 2020, mais comme chacun sait que ça peut démarrer vite, c'est normal qu'on mette la pression la plus forte".

On a peu de patients Covid en réanimation aujourd'hui dans nos lits, et pourvu que ça dure. Et pour que ça dure, il ne faut pas se croiser les doigts, il faut bosser et faire attention.

"Nous, on nous met la pression. Moi, j'ai été convoqué par le ministre [Olivier Véran] hier, pour qu'on accélère sur les tests salivaires, etc. Et c'est normal qu'on mette la pression sur l'ensemble de la population, sur les gestes barrières, sur les masques, sur les rassemblements, etc.", a-t-il expliqué.

"Aujourd'hui il n'y a pas d'autre manière que de faire des tests naso-pharyngés" explique Martin Hirsch, qui encourage à pratiquer ces tests pour enrayer l'épidémie : "Aujourd'hui, le temps le plus sensible, c'est entre le moment ou l'on prescrit le test à un patient et le moment où il l'a effectivement fait(...) Je pense que les labos peuvent faire plus."

Faire davantage confiance aux hôpitaux

Évoquant les avancées du Ségur de la Santé, qui ne satisfont pas pour autant l'ensemble des personnels soignants, le patron de l'AP-HP se rappelle que "pendant cette période-là, l'hôpital (...) non soumis aux contraintes du budget, a réussi à fonctionner (...) "Aujourd'hui", estime-t-il, "on met de l'huile dans l'ensemble des rouages, on fait davantage confiance".

"On se retrouve aujourd'hui avec quelque chose qui nous permet de changer le mode de fonctionnement de l'hôpital", a-t-il estimé. "Et puis les rémunérations vont augmenter de manière très importante", a ajouté Martin Hirsch. 8,2 milliards d'euros ont été débloqués pour les salaires des personnels hospitaliers.

Martin Hirsch estime avoir alerté sur l'état de l'hôpital depuis de nombreuses années, sans augmentation de la rémunération des personnels soignants :  "Je considère depuis longtemps qu'on allait se casser la figure". Néanmoins, il reconnaît aussi que "l'hôpital a une occasion fabuleuse de pouvoir changer", y compris à travers une remise en question de ses médecins, ses infirmières et de l'ensemble de ses soignants. 

Pour le directeur général de l'AP-HP, on sort "clairement" d'une gestion purement comptable de l'hôpital : "Pendant cette période, l'hôpital, soumis aux contraintes les plus difficiles, c’est-à-dire les contraintes du virus et de la mort et non pas la contrainte du budget et la contrainte de l'administration, a réussi à fonctionner", a-t-il souligné. "_Tous ceux qui ont été plongés dans cette crise se sont dit, et c'est un slogan que je partage, : '_Jamais comme avant'. Le gouvernement l'a entendu", a salué Martin Hirsch.

  • Légende du visuel principal: Martin Hirsch © AFP / ludovic MARIN / AFP
Les invités
  • Martin Hirschdirecteur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris
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