Le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, quatrième région la plus touchée du pays par le coronavirus, est l'invité de la matinale de France Inter.

Xavier Bertrand, président de la région Haut-de-France
Xavier Bertrand, président de la région Haut-de-France © AFP / NurPhoto / Thierry THOREL

De quoi sa région a-t-elle besoin aujourd'hui ? "D'un maximum de soutien pour nos soignants", assure Xavier Bertrand. "Ils sont en première ligne, et la disparition d'un médecin de Compiègne montre bien qu'ils s'exposent pour nous protéger." Il réclame notamment des stocks de masques, des lits de réanimation en priorité pour eux.

"Ça vient après, mais c'est important aussi : il faut être là pour que nos entreprises ne soient pas des victimes qui disparaîtraient. On a besoin que tout le monde joue le jeu : les grands groupes, les banques, les établissements de crédit."

Ne pas "avoir la mémoire courte" après l'épidémie

Pour le président des Hauts-de-France, il ne faut pas oublier que si "on a besoin d'être soignés, d'être protégés, mais on a aussi besoin d'être nourris, qu'il y ait de l'eau, de l'électricité, du gaz. C'est pas forcément ceux qui gagnent le plus dont on a besoin qu'ils soient physiquement présents : quand vous êtes sur une chaîne de l'agro-alimentaire, c'est pas le télétravail qui va remplacer votre travail. Il ne faut pas opposer les uns aux autres, mais il faut bien comprendre qu'on n'aura pas intérêt à avoir la mémoire courte."

Il propose donc, après l'épidémie, de mettre en place "une prime de reconnaissance nationale, et qu'on se pose la question de ces métiers dont on a besoin physiquement."

Sur la prolongation du confinement

Xavier Bertrand rappelle que "le confinement, c'est pas une option, c'est pas fait pour embêter les gens : c'est tout simplement que tant que vous n'avez pas de vaccin ou de traitement, le confinement est le meilleur moyen de freiner et de stopper l'épidémie. Il n'y a pas d'autre solution, il faut le respecter et ceux qui s'amusent à le braver doivent être punis pour comprendre. Ils se mettent en danger eux-mêmes et mettent en danger ceux qu'ils aiment."

Il n'est pas forcément favorable à des mesures de couvre-feu comme dans plusieurs villes de France. "Si c'est nécessaire, oui, mais il ne faut non plus qu'on ait des questions de trouble à l'ordre public."

"La semaine qui commence va être plus dure que la précédente", explique le dirigeant LR. "C'est une épreuve collective et individuelle, et nous devons anticiper ce que vont vivre des millions de nos concitoyens."

"Il faut mettre en place un numéro d'appel national, dès la fin de cette semaine, qui pourrait être le 19 : il permettrait à chaque personne de pouvoir être en contact avec quelqu'un qui lui répond. Ça peut être des conseils, de l'aide, un soutien médico-psychologique. [...] Car chaque foyer est comme une cocotte-minute."

L'expérimentation de la chloroquine, une bonne idée ?

Proposée par Didier Raoult, spécialiste des maladies infectieuses, mais contestée par de nombreux autres médecins, l'utilisation de la choloroquine comme remède au coronavirus fait polémique. "C'est quelqu'un de sérieux, Didier Raoult", assure Xavier Bertrand. "Je le connais depuis des années, je lui ai demandé en février dernier pour qu'il m'explique comment il voyait les choses. L'étude pour faire de la choloroquine un candidat médicament est lancée. Il faut que Sanofi puisse anticiper pour avoir la production nécessaire si les études sont concluantes, parce qu'il ne faut pas prendre de retard."

Il tempère toutefois : "Attention, ce n'est pas un traitement préventif, ça ne sert à rien de se ruer sur la choloroquine. En plus, elle doit être associée avec un antibiotique. Mais il ne faut pas tourner en dérision les travaux de Didier Raoult."

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