Karine Lacombe, cheffe du service maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, est l'invitée de France Inter.

"Je suis raisonnablement confiante, extrêmement vigilante." Invitée de France Inter lundi matin, Karine Lacombe, cheffe du service "maladies infectieuses" à l'hôpital Saint-Antoine (Paris), se dit tout de même "préoccupée par tous les mouvements anti-masques que l’on sent prendre de la voix à l’heure actuelle". Selon elle, il faut toutefois "continuer de vivre et faire beaucoup de pédagogie". "Chacun est en mesure de comprendre, peut mettre en place des stratégies individuelles qui participent d’une stratégie collective qui nous permettra de maîtriser cette deuxième vague qui, quoi qu’on dise, est là." 

Selon Karine Lacombe, une deuxième vague est bien là : "Mais quand je parle de deuxième vague, cela n’a rien a voir avec celle de mars-avril", précise-t-elle. "Elle a commencé en juillet, puis petit à petit, on a vu augmenter le nombre de cas (...) Si on fait le focus sur Pitié/St Antoine/Tenon, on a un frémissement des hospitalisations de la semaine dernière. Sur l’Île-de-France, les chiffres sont plutôt rassurants. Mais avec la rentrée, le retour des vacanciers, on risque d’avoir une augmentation dans les cas dépistés." 

"Stratégies thérapeutiques"

Le nombre de patients "n’augmente pas en réanimation" car "nous avons des stratégies thérapeutiques que nous n’avions pas en mars, nous savons mieux prendre en charge un patient avant que sa situation s’aggrave et qu’il soit placé en réanimation", détaille Karine Lacombe. 

En revanche, selon la professeure, "l’histoire d’un virus qui serait moins virulent, moins transmissible, moins grave est complètement construite". "On ne peut pas transposer dans la vie réelle ce que l’on voit dans les tubes à essai. Il n’a pas perdu de virulence, on verra ce qu’il en est dans les semaines à venir."

Concernant le retour à l'école, Karine Lacombe juge primordial que, comme en entreprises, "les professeurs des écoles portent le masque, avec les élèves mais aussi dans les moments de détente, dans les salles de repos" et pose la question du port du masque pour les enfants de primaire. "L’OMS le recommande à partir de six ans, certains pays à partir de deux ans. En France, culturellement, ça va être très compliqué. Je suis partagée sur la question, il va falloir prendre en compte l’avis des pédiatres, il semblerait qu’il ne soient pas pour le porter, mais peut-être qu’il faudra adapter cette stratégie dans les semaines à venir." 

  • Légende du visuel principal: Karine Lacombe © AFP / Christophe ARCHAMBAULT / AFP
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  • Karine LacombeInfectiologue et cheffe de service à l'hôpital Saint-Antoine à Paris
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