L'ancien Premier ministre, candidat à la primaire du Parti socialiste et qui a appelé à voter Emmanuel Macon est l'invité de Léa Salamé.

Manuel Valls
Manuel Valls © AFP / Joël Saget

L'ancien premier Ministre, candidat à la primaire du Parti socialiste et qui a appelé à voter Emmanuel Macon est l'invité de Léa Salamé ce lundi matin. Comment a-t-il accueilli le résultat du premier tour, dimanche soir ? "Je regardais ces résultats comme l'un de ces moments de rupture que la France fait depuis plusieurs années", explique-t-il, tout en disant avoir eu un sentiment partagé "entre le score du FN très haut, qui s'est banalisé, et la satisfaction du score d'Emmanuel Macron, parce qu'il représente un changement et une espérance". Il se dit en même temps "triste pour le PS, pour son histoire, ses valeurs".

"Le PS c'est une histoire, et le score réalisé par Benoît Hamon agit comme une meurtrissure".

"Nous n'avons pas tiré de leçons"

Pour le candidat à la primaire du PS, la gauche française est "un peu partout" dans les résultats de ce premier tour. "Nous entrons dans une phase de décomposition", explique-t-il à propos de son parti. "C'est la fin d'une histoire, depuis 1992 et le référendum sur Maastricht, avec ses clivages sur l'Europe notamment, nous n'avons pas tiré de leçons (...) nous avons laissé les divisions se faire en notre sein et c'est pour cela que nous sommes aujourd'hui dans cette situation".

"Ceux qui ne partagent pas les mêmes positions sur l'Europe, sur l'économie, sur l'entreprise, sur la sécurité de la cité, peuvent-ils encore être dans la même famille politique ? Personnellement, je ne le crois pas, donc doit venir enfin le temps de la clarification", déclare-t-il.

"Nous payons cette absence de clarification au prix fort".

"Pas de regrets"

Manuel Valls dit assumer son choix d'avoir soutenu Emmanuel Macron, un choix fait "dans l'intérêt de la France", et note que certains responsables gouvernementaux qui ont "été incapables de donner leur avis ont dit dès hier soir qu'il fallait faire barrage au FN"'. Il ajoute : "Quand on mène une campagne qui n'est pas centrale, qui est une campagne d'extrême gauche ou de gauche de la gauche, on récolte les fruits de cette campagne, en abandonnant ce qui est la position d'un candidat socialiste, c'est-à-dire une position centrale au cœur de la société".

Faut-il faire des alliances avec le mouvement En Marche pour les législatives ? Il est trop tôt pour le dire selon Manuel Valls, qui préfère mettre Emmanuel Macron face à sa responsabilité de "rassembler largement pour mettre Marine Le Pen le plus bas possible" et ensuite pour gouverner la France, "assumer les responsabilités" et faire face aux difficultés de la France qui "seront toujours là".

L'ancien Premier ministre appelle à "tenir compte des leçons de l'histoire"', rappelant qu'en 2002 selon lui, "Jacques Chirac n'avait pas tiré les leçons de ce rassemblement, il avait gouverné uniquement avec la droite".

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